Gitega : plus de 1 400 détenus affamés dans une prison surpeuplée, l’alerte est lancée

Gitega : plus de 1 400 détenus affamés dans une prison surpeuplée, l’alerte est lancée

SOS Médias Burundi

Gitega, 27 mars 2026 — À Gitega, capitale politique de la petite nation de l’Afrique de l’Est, la situation humanitaire à la prison centrale suscite une vive inquiétude. Selon des témoignages concordants, 1 416 détenus font face à une pénurie alimentaire sévère depuis le 16 mars 2026, aggravant des conditions de détention déjà extrêmement précaires.

D’après une source interne, les prisonniers n’ont pas reçu de farine de manioc ni de maïs depuis cette date. Leur ration quotidienne se limite actuellement à environ 350 grammes de haricots par personne, une quantité jugée largement insuffisante pour couvrir les besoins nutritionnels de base, en particulier dans un environnement carcéral exigeant un minimum d’apports énergétiques pour préserver la santé.

Cette carence alimentaire affecte plus durement certains détenus originaires de provinces éloignées comme Karusi, Ruyigi et Cankuzo. En raison de l’éloignement géographique, ces derniers reçoivent moins de visites familiales et donc moins de compléments alimentaires, contrairement à d’autres prisonniers pouvant compter sur un soutien extérieur. Cette inégalité accentue leur vulnérabilité face à la faim.

La situation n’est pas nouvelle. Déjà en février 2026, une pénurie de haricots avait été signalée dans cet établissement pénitentiaire. Aujourd’hui, les détenus redoutent une dégradation rapide de leur état de santé, évoquant des risques élevés de maladies liées à la malnutrition sévère.

Construit en 1926 pour accueillir environ 400 personnes, l’établissement pénitentiaire de Gitega héberge actuellement plus de trois fois sa capacité initiale. Cette surpopulation, estimée à plus de 300 %, engendre des conditions de vie particulièrement difficiles. Les problèmes d’hygiène et d’assainissement sont récurrents, et certains détenus seraient contraints de dormir dans des conditions jugées inhumaines.

Face à cette crise, les prisonniers lancent un appel pressant aux autorités compétentes afin que des mesures urgentes soient prises. Ils demandent notamment une amélioration des rations alimentaires, ainsi que des actions concrètes pour désengorger la prison et garantir des conditions de détention conformes aux normes humanitaires.

La situation à Gitega met en lumière les défis structurels du système carcéral burundais, où la surpopulation et l’insuffisance des ressources continuent de peser lourdement sur les droits fondamentaux des détenus.

Les prisons au Burundi : un système sous pression chronique

Au-delà du cas de Gitega, cette crise s’inscrit dans une réalité plus large qui touche l’ensemble du système pénitentiaire burundais. Dans plusieurs établissements du pays, la surpopulation carcérale demeure une constante, avec des taux d’occupation dépassant souvent les 200 %, voire 300 %.

Des prisons comme celles de Ngozi (nord), de Mpimba, dans la capitale économique Bujumbura, ou encore de Muramvya (centre) font régulièrement l’objet de dénonciations pour des conditions de détention jugées alarmantes. Le manque de nourriture, l’insuffisance des soins médicaux, la promiscuité extrême et l’insalubrité y sont fréquemment signalés par des organisations de défense des droits humains.

Selon plusieurs rapports indépendants, ces difficultés sont également aggravées par la lenteur des procédures judiciaires. Un grand nombre de détenus restent en détention préventive pendant de longues périodes, contribuant ainsi à l’engorgement des prisons.

Par ailleurs, les ressources allouées à l’administration pénitentiaire demeurent largement insuffisantes face à l’augmentation constante du nombre de détenus. Cette situation limite la capacité des autorités à garantir des conditions de vie dignes et conformes aux standards internationaux, notamment ceux définis par les règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus.

Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour appeler à des réformes structurelles profondes. Parmi les pistes évoquées figurent l’accélération des procédures judiciaires, le recours accru à des peines alternatives à l’emprisonnement, ainsi que le renforcement du budget alloué au secteur carcéral.

En attendant, la situation à Gitega s’impose comme un signal d’alarme supplémentaire, illustrant l’urgence d’une réponse humanitaire immédiate et d’une réforme en profondeur du système pénitentiaire du Burundi.

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Photo : Gitega (Burundi) – l’entrée principale de la prison centrale, symbole d’un établissement surpeuplé où plus de 1 400 détenus font face à une pénurie alimentaire sévère. © SOS Médias Burundi

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