Bwagiriza : quand l’eau du sol menace les maisons des réfugiés

Bwagiriza : quand l’eau du sol menace les maisons des réfugiés

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 6 avril 2026 — Au camp de réfugiés de Bwagiriza, en commune de Ruyigi dans la province de Buhumuza à l’est de la petite nation de l’Afrique de l’Est, la saison pluvieuse transforme le quotidien des habitants en cauchemar. Dans plusieurs quartiers — notamment les numéros 22, 25 et 30 de Bwagiriza II — les nappes phréatiques remontent, infiltrant les maisons et fragilisant progressivement les structures.

Les témoignages sur place décrivent une situation alarmante : l’eau ne se limite pas aux ruissellements de surface. Elle jaillit du sol, s’infiltre dans les maisons et provoque une humidité persistante qui fissure et affaiblit les murs. Certaines habitations sont déjà partiellement détruites, exposant les familles à des conditions de vie dangereuses.

« Ici, ce n’est pas seulement la pluie qui nous dérange. L’eau sort du sol et envahit la maison. On ne peut poser aucun objet par terre sans qu’il soit mouillé. Et chaque année, il faut réparer les murs qui se fissurent ou s’effondrent », témoigne un réfugié du quartier 25, sous couvert d’anonymat.

Les réfugiés ont saisi les responsables de l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA) pour obtenir des parcelles moins exposées ou une aide à la reconstruction. Mais les réponses restent limitées.

« Avant, on recevait des arbres et des tôles pour réhabiliter nos habitations. Aujourd’hui, il n’y a plus de budget, et nous devons nous débrouiller seuls », explique Marie, réfugiée à Bwagiriza.

Du côté de l’ONPRA, on reconnaît les difficultés mais souligne les contraintes financières. « Les ressources disponibles sont très limitées. Il n’existe pas de budget spécifique pour la construction de nouvelles habitations, et les fonds prioritaires vont aux réfugiés du site de Busuma. Nous encourageons les familles à réhabiliter leurs maisons avec leurs moyens, en attendant des financements éventuels », confie un agent sous anonymat.

Le camp de Bwagiriza héberge aujourd’hui plus de 9 000 réfugiés congolais, vivant déjà dans des conditions précaires. La montée des nappes phréatiques aggrave leur vulnérabilité, exposant les familles à des risques sanitaires et sécuritaires accrus.

Alors que la saison des pluies continue, les habitants des quartiers les plus touchés lancent un appel urgent aux autorités et aux partenaires humanitaires pour une solution durable, afin de protéger leurs maisons et garantir des conditions de vie dignes.

À quelques kilomètres de là, le site de Busuma, construit en décembre 2025, accueille plus de 75 000 réfugiés congolais dans des conditions critiques. Des manifestations y sont régulièrement organisées par ceux qui souhaitent retourner dans leurs localités d’origine au Sud-Kivu à l’est du Congo, mais leurs appels restent pour l’instant sans réponse.

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Photo : une partie du camp de Bwagiriza où les habitations sont fragilisées par la montée des nappes phréatiques, exposant les familles à des conditions de vie précaires. ©SOS Médias Burundi

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