RDC : la Monusco s’accroche malgré ses échecs – James Swan hérite d’une mission sous pression dans une région en feu

RDC : la Monusco s’accroche malgré ses échecs – James Swan hérite d’une mission sous pression dans une région en feu

SOS Médias Burundi

Goma, 9 avril 2026 — Le diplomate américain James Swan a officiellement pris ses fonctions le mardi 7 avril 2026 à la tête de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), dans un contexte d’insécurité persistante et de critiques croissantes contre la mission onusienne dans l’est de la République démocratique du Congo.

Il succède à Bintou Keita, dont le mandat a été vivement contesté par une partie de la population congolaise, notamment en raison de l’inefficacité perçue de la mission face à la multiplication des groupes armés.

Dès son arrivée à Kinshasa, James Swan a insisté sur ses priorités : « Ma priorité est de veiller à ce que la Monusco mette pleinement en œuvre le mandat que lui a confié le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un accent clair sur la protection des civils, l’appui à la désescalade et la création de conditions propices à une paix durable ». Il a également affirmé que « les Nations unies se tiennent aux côtés du peuple congolais et des institutions, dans le plein respect de la souveraineté du pays ».

Des accords fragiles en toile de fond

Le mandat actualisé de la Monusco intègre les nouveaux cadres diplomatiques issus des accords conclus en 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi que du processus engagé à Doha ( Qatar).

Les discussions de Washington prévoient notamment une désescalade entre Kinshasa et Kigali, avec des engagements sur la fin des soutiens aux groupes armés et la mise en place de mécanismes conjoints de vérification. À Doha, les initiatives portent sur un dialogue avec certains groupes armés en vue d’un cessez-le-feu, du désarmement et d’une éventuelle réintégration des combattants.

Dans ce contexte, la Monusco est appelée à jouer un rôle clé de suivi et de vérification, malgré des violations répétées sur le terrain.

Un homme tient une croix sur laquelle est inscrit : « La Monusco est en train de tuer en RDC », lors de l’enterrement des victimes des manifestations anti-Monusco, en août 2022. © SOS Médias Burundi

Une escalade militaire inquiétante

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’inquiète de l’utilisation croissante d’armes sophistiquées par les groupes armés, notamment des drones et des missiles antiaériens, signe d’une montée en puissance préoccupante.

Face à cette évolution, la mission est désormais autorisée à mener des opérations offensives ciblées à travers sa brigade d’intervention, marquant un tournant dans son approche.

Embargo, brouillage GPS et guerre hybride

La résolution confie également à la Monusco :

la surveillance de l’embargo sur les armes

le suivi des pratiques de brouillage GPS signalées dans les zones de conflit

Des éléments qui illustrent une transformation du conflit vers des formes de guerre plus technologiques et difficiles à contenir.

Des jeunes militants réclamant le départ de la mission onusienne tiennent des croix portant les noms des personnes tuées lors des manifestations anti-Monusco, en août 2022. © SOS Médias Burundi

Une mission de plus en plus contestée

Créée en 2010 pour remplacer la MONUC (Mission de l’Organisation des Nations unies en RDC), la Monusco reste l’une des plus importantes opérations de maintien de la paix au monde. Mais son image est profondément écornée.

À Goma notamment, la plus grande ville de l’est du Congo, des manifestations ont régulièrement dénoncé son inefficacité face aux groupes armés. Les protestations de 2022 et 2023 ont été marquées par des violences meurtrières.

La répression la plus sanglante, en août 2023, a fait des dizaines de morts, dont des membres d’une secte locale, suscitant une vive indignation à l’international.

Une mission à la croisée des chemins

Dans ce contexte explosif, James Swan prend la tête d’une mission fragilisée, sommée de prouver son efficacité alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer.

Entre accords fragiles, montée en puissance des groupes armés et rejet d’une partie de la population, l’avenir de la Monusco dans l’est de la RDC apparaît plus incertain que jamais.

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Photo : Un check-point des casques bleus de la Monusco à Uvira, dans le Sud-Kivu, une zone minée par la présence de milices soutenues par Kinshasa et d’hommes armés, identifiés ou non.
© SOS Médias Burundi

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