Burunga : tensions autour de l’abattoir de Muyogo, les bouchers dénoncent des abus

Burunga : tensions autour de l’abattoir de Muyogo, les bouchers dénoncent des abus

SOS Médias Burundi

Makamba, 20 avril 2026 — La situation devient de plus en plus tendue dans la commune de Makamba, en province de Burunga au sud du Burundi, où les professionnels de l’abattage d’animaux dénoncent ce qu’ils qualifient de harcèlement administratif et d’accusations infondées visant leur activité autour de l’abattoir de Muyogo.

Au centre de la controverse se trouve le chef de quartier de Muyogo, Yves Ininahazwe, accusé par les bouchers d’imposer des mesures jugées irréalistes. Selon eux, ce responsable local exige que les animaux destinés à l’abattage soient retirés des environs de l’abattoir, sous prétexte qu’ils causeraient des dégâts dans les champs et parcelles des habitants.

Les bouchers rejettent fermement ces accusations. Ils affirment qu’aucune plainte officielle n’a été déposée par les habitants du quartier concernant des dégâts causés par leurs animaux. Au contraire, ils soutiennent entretenir de bonnes relations avec la population locale, fortement dépendante de l’abattoir pour son approvisionnement en viande.

Sur le plan économique, les professionnels expliquent faire face à des contraintes importantes. Les animaux proviennent principalement de la Tanzanie et le marché d’approvisionnement n’a lieu qu’une seule fois par semaine. Dans ces conditions, ils disent être obligés d’acheter des stocks suffisants pour toute la semaine, ce qui rend impossible le déplacement régulier des bêtes comme exigé par les autorités locales.

Les bouchers accusent également le chef de quartier d’abus d’autorité et de diffusion d’informations qu’ils jugent erronées, dénonçant un manque de concertation dans la gestion de ce dossier. De son côté, l’administrateur communal de Makamba, Prosper Bizimana, aurait tenu des réunions appelant à l’évacuation des animaux hors de la zone de l’abattoir, une décision que les concernés estiment déconnectée des réalités du terrain.

Chaque animal abattu est soumis à une taxe d’environ 40 000 FBu, de l’achat à l’abattage, une contribution jugée importante pour les recettes communales. Les bouchers estiment toutefois que ces restrictions contrastent avec l’importance économique de leur activité.

Cette situation s’inscrit dans un contexte économique déjà fragilisé, marqué notamment par la délocalisation du marché de bétail de l’ancienne commune de Kibago vers la Tanzanie, à la suite de la décision du gouvernement burundais d’interdire l’utilisation des devises étrangères sur son territoire. Ce marché attirait autrefois entre 500 et 1 000 bovins par jour et constituait une source importante de revenus pour l’ancienne entité administrative.

Face à la situation, les bouchers annoncent leur intention de saisir le gouverneur de la province de Burunga, Parfait Mboninyibuka, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme des abus et demander la fin des perturbations affectant leur activité.

Cette crise locale met en lumière les défis liés à la gouvernance locale et à la concertation entre autorités administratives et opérateurs économiques essentiels à la vie quotidienne des populations.

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Photo : Des femmes achètent de la viande pour la fête de Noël à l’abattoir du marché de Makamba, en décembre 2024. À l’abattoir de Muyogo, dans la commune de Makamba, l’activité reste soutenue , malgré des tensions persistantes liées à la gestion du site et aux conditions d’exploitation dans le secteur de l’abattage. © SOS Médias Burundi

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