Classement RSF 2026 : le Burundi progresse dans un contexte mondial de recul historique de la liberté de la presse
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 1er mai 2026 – Le Burundi occupe la 119ᵉ place sur 180 pays dans le classement mondial 2026 de la liberté de la presse publié jeudi par Reporters sans frontières (RSF). Le Burundi gagne ainsi six places par rapport à 2025 où elle occupait la 125ᵉ position mondiale.
Malgré cette légère progression, le Burundi reste confronté à plusieurs défis liés à l’indépendance des médias et à la sécurité des journalistes. RSF évoque notamment les pressions politiques, les poursuites judiciaires contre certains professionnels des médias ainsi que les restrictions observées durant les périodes sensibles.
L’organisation note toutefois quelques signes d’amélioration du climat médiatique, notamment la libération de certains journalistes détenus et la reprise partielle d’activités de médias affectés depuis la crise de 2015 déclenchée par la candidature controversée de feu président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, jugé contraire à l’Accord d’Arusha d’août 2000 qui a mis fin à plusieurs années de guerre civile au Burundi et posé les bases du partage du pouvoir dans le pays, ainsi qu’à la Constitution par une partie de l’opposition et de la société civile.
Mais plusieurs professionnels dénoncent encore un environnement marqué par l’autocensure, les intimidations et la fragilité économique des organes de presse indépendants.
Un recul historique à l’échelle mondiale
Dans son rapport publié jeudi, RSF estime que la liberté de la presse traverse « sa pire crise depuis vingt-cinq ans ». L’organisation souligne que plus de la moitié des pays évalués connaissent désormais une situation jugée « difficile » ou « très grave » pour les médias.
Selon RSF, moins de 1 % de la population mondiale vit aujourd’hui dans un pays où la liberté de la presse est considérée comme « bonne », contre environ 20 % au début des années 2000.
Le classement met également en évidence une dégradation de la situation dans plusieurs démocraties traditionnellement considérées comme des références. Les États-Unis chutent à la 64ᵉ place mondiale tandis que plusieurs pays européens reculent à cause des pressions politiques, des poursuites judiciaires abusives contre les journalistes et des difficultés économiques des médias.
Pour RSF, les menaces contre la liberté de la presse ne concernent plus uniquement les régimes autoritaires mais touchent désormais des démocraties établies où les journalistes sont confrontés à des campagnes de discrédit, à la polarisation politique et à des violences croissantes.

Des journalistes burundais en train d’interviewer un artiste dans la capitale politique Gitega. RSF souligne que, malgré certaines dynamiques professionnelles dans les médias burundais, les journalistes évoluent encore dans un environnement marqué par des contraintes économiques et des défis liés à la liberté de la presse. © Jean Pierre Aimé Harerimana.
Une Afrique toujours sous pression
En Afrique, RSF décrit une situation particulièrement préoccupante. L’organisation souligne que plusieurs gouvernements utilisent des lois sur la sécurité nationale ou la cybersécurité pour réduire l’espace médiatique et poursuivre des journalistes.
Dans la région des Grands Lacs, les médias continuent d’évoluer dans un environnement fragile marqué par les tensions politiques et l’insécurité. Le Rwanda figure parmi les mauvais élèves de l’Afrique de l’Est avec une 139ᵉ place mondiale, tandis que l’Éthiopie occupe la 148ᵉ position. L’Érythrée reste, quant à elle, le dernier pays du monde en matière de liberté de la presse pour la troisième année consécutive.
RSF évoque également une détérioration inquiétante dans les pays du Sahel où plusieurs juntes militaires ont suspendu des médias, arrêté des journalistes et restreint l’accès à l’information.
Les meilleurs et les pires élèves du classement
La Norvège conserve la première place mondiale pour la dixième année consécutive. Les Pays-Bas et l’Estonie complètent le trio de tête du classement 2026.
À l’autre extrémité du classement, l’Érythrée arrive dernière, précédée par la Corée du Nord et la Chine.
Le classement mondial de la liberté de la presse est publié chaque année par RSF sur la base de plusieurs critères, notamment la sécurité des journalistes, le contexte politique, le cadre légal, l’indépendance économique des médias et l’environnement social dans lequel évolue la presse.
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Photo : Un studio de la radio indépendante Isanganiro, l’une des radios burundaises touchées par les coupures d’électricité incessantes, septembre 2025. RSF dénonce régulièrement les difficultés croissantes auxquelles font face les médias au Burundi, notamment les contraintes économiques, les problèmes d’accès à l’énergie et les pressions diverses qui fragilisent le fonctionnement des organes de presse indépendants. Dans son classement mondial 2026 de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) place le Burundi à la 119ᵉ place sur 180 pays. © SOS Médias Burundi
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