Médias au Burundi : entre appel à l’ouverture et défis persistants pour la liberté de la presse
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 3 mai 2026 — À la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai, les acteurs des médias burundais multiplient les appels en faveur d’un meilleur accès à l’information et d’une collaboration plus étroite entre journalistes et institutions publiques. À Bujumbura, la capitale économique où sont concentrées les agences des Nations-Unies, les représentations diplomatiques et l’administration centrale, la Maison de la presse du Burundi a plaidé pour une collaboration sans discrimination entre les autorités et les professionnels des médias, dans un contexte marqué par la publication du Classement mondial 2026 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).
Lors d’une conférence de presse tenue le 30 avril 2026 à Bujumbura, la présidente de la Maison de la presse du Burundi, Mireille Kanyange, a rappelé que « l’information est un bien public », reprenant plusieurs déclarations du président burundais Évariste Ndayishimiye en faveur du rôle des médias.
Elle a notamment cité les propos du chef de l’État prononcés en février 2021 autour du slogan « jamais sans les médias », ainsi que son discours du 1er décembre 2025 dans lequel il soulignait l’importance des médias dans la transformation sociale et le développement du Burundi.
S’appuyant sur ces prises de position, Mireille Kanyange a dénoncé certaines pratiques de rétention d’information au sein des institutions publiques. Elle a critiqué le refus de certains responsables de répondre aux journalistes, particulièrement ceux issus des médias privés.
« Le journaliste n’est pas un ennemi du pays, mais un partenaire stratégique incontournable dans la transformation sociale et le développement économique et social », a-t-elle insisté.
La présidente de la Maison de la presse s’est également interrogée sur les motivations de certains responsables qui refusent de partager des informations pourtant considérées comme un bien public. Elle a regretté les discriminations dont sont victimes plusieurs journalistes de la presse privée, appelant les autorités à garantir un accès équitable à l’information à tous les professionnels des médias, sans distinction.
Cette sortie intervient quelques heures après la publication, jeudi 30 avril, du Classement mondial 2026 de la liberté de la presse de RSF. Selon ce rapport, le Burundi a gagné six places, passant de la 125e position en 2025 à la 119e sur 180 pays en 2026, dans un contexte mondial marqué par un recul historique de la liberté de la presse.
Malgré cette progression, RSF estime que l’environnement médiatique burundais reste fragile et demeure confronté à plusieurs défis, notamment les restrictions d’accès à l’information, les pressions exercées contre certains journalistes et les difficultés économiques auxquelles font face plusieurs médias.
Les médias burundais continuent également de subir les conséquences de la crise de 2015 déclenchée par la candidature controversée au troisième mandat de feu président Pierre Nkurunziza. Cette période a été marquée par la destruction de plusieurs médias indépendants, l’exil forcé d’une centaine de journalistes ainsi qu’une répression durable contre la presse critique.
Depuis, les autorités burundaises ont progressivement mis en place des mesures jugées contraignantes par les défenseurs de la liberté de la presse. Plusieurs journalistes dénoncent un climat de méfiance et d’intimidation dans lequel tout professionnel tentant d’exercer son métier de manière indépendante est rapidement assimilé à « un ennemi de la nation ».
En conclusion, Mireille Kanyange a exhorté les responsables des différentes institutions à collaborer pleinement avec les médias, publics comme privés, rappelant qu’ils contribuent tous à la construction et au développement du Burundi.
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Photo : Mireille Kanyange, présidente de la Maison de la presse du Burundi, lors d’une conférence de presse à Bujumbura. © DR/SOS Médias Burundi
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