Gitega : les détenus alarmés par le manque de nourriture
SOS Médias Burundi
Gitega, 11 mai 2026 – La pénurie de vivres à la prison centrale de Gitega, dans la capitale politique du Burundi, suscite de vives inquiétudes parmi les détenus. Selon des sources internes, plus de 1 400 prisonniers font face, depuis près de deux semaines, à une insuffisance alimentaire jugée alarmante.
D’après un témoin, les détenus ne reçoivent actuellement qu’environ 350 grammes de farine de maïs ou de manioc par jour. Une ration jugée insuffisante pour couvrir leurs besoins nutritionnels quotidiens, dans un contexte où les haricots, principal accompagnement de la pâte, manquent également depuis plusieurs jours.
Les mêmes sources indiquent que la situation touche particulièrement les détenus originaires des régions de Karusi, Cankuzo et Ruyigi, dans le centre-est et l’est du pays. Ces prisonniers, souvent peu visités par leurs familles, disposent de très peu de soutien extérieur, ce qui accentue leur vulnérabilité face à la pénurie alimentaire.
Selon les informations recueillies, la situation reste marquée par des ruptures alternées : lorsque la farine est disponible, les haricots font défaut, et inversement. Une pénurie similaire avait déjà été signalée en mars dernier dans le même établissement pénitentiaire.
Seule une centaine de détenus souffrant de maladies chroniques bénéficie d’une assistance alimentaire fournie par l’Église catholique du Burundi, à travers l’archidiocèse de Gitega. Ces prisonniers reçoivent notamment de la bouillie ainsi qu’une ration composée de riz et de haricots. Les autres détenus disent vivre dans des conditions extrêmement difficiles et lancent un appel à toute personne de bonne volonté.
Construite en 1926 pour accueillir environ 400 détenus, la prison centrale de Gitega héberge aujourd’hui plus de 1 400 personnes, soit un taux de surpopulation dépassant les 400 %. Une congestion carcérale qui accentue la promiscuité et détériore davantage les conditions de détention.
La situation de Gitega n’est toutefois pas isolée. Dans plusieurs autres maisons pénitentiaires du pays, également surpeuplées, des difficultés similaires sont signalées, notamment en matière d’alimentation et de conditions de détention, selon des sources pénitentiaires et humanitaires.
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Photo : L’entrée principale de la prison centrale de Gitega, au centre du Burundi, où les conditions de détention restent marquées par la surpopulation et la précarité alimentaire selon plusieurs témoignages. © SOS Médias Burundi
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