Musenyi : les réfugiés congolais dénoncent la spéculation pendant les distributions du PAM

Musenyi : les réfugiés congolais dénoncent la spéculation pendant les distributions du PAM

SOS Médias Burundi

Musenyi, 12 mai 2026 — Au site de réfugiés congolais de Musenyi, situé en commune Musongati dans la province de Burunga, au sud du Burundi, la période de distribution de l’assistance alimentaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’accompagne, selon les réfugiés, d’une flambée des prix sur les marchés locaux. Une situation qui affecte davantage les quelque 22 000 réfugiés vivant sur le site.

Selon plusieurs témoignages, les prix des produits de première nécessité connaissent une hausse inhabituelle dès le début des distributions alimentaires, ce lundi 11 mai. Le charbon de bois, les haricots, la farine, l’huile, le sel et divers produits ménagers deviennent difficilement accessibles pour de nombreuses familles.

Le cas du charbon de bois illustre particulièrement cette situation. Un sac, habituellement vendu à 30 000 francs burundais, atteint jusqu’à 60 000 francs pendant les jours de distribution de l’assistance alimentaire, soit un prix qui a doublé. Une situation qui suscite l’indignation des réfugiés.

Pour les familles, cette hausse réduit considérablement l’impact de l’aide reçue. En ce mois de mai, chaque réfugié reçoit environ 37 000 francs burundais pour couvrir ses besoins essentiels durant tout le mois. Mais face à la flambée des prix, plusieurs ménages affirment que cette somme ne permet plus de répondre aux besoins alimentaires de base.

Dans plusieurs foyers, la situation devient préoccupante. Certaines familles disent réduire le nombre de repas quotidiens, tandis que d’autres survivent grâce à des emprunts ou à la solidarité entre voisins. Plusieurs réfugiés évoquent une situation de forte insécurité alimentaire touchant particulièrement les enfants et les personnes vulnérables.

« Pendant les jours de distribution de l’assistance alimentaire, les prix changent directement sur les marchés. Les commerçants augmentent les prix des produits comme le charbon, les vivres et même certains articles ménagers », témoigne un leader réfugié ayant requis l’anonymat.

Ce dernier estime que cette situation aggrave les conditions de vie des réfugiés déjà confrontés à une forte précarité. « Beaucoup de familles passent des journées entières sans manger suffisamment. Avec les prix qui augmentent, l’argent reçu ne peut plus répondre aux besoins essentiels. Nous demandons aux autorités de suivre cette situation et d’intervenir pour stabiliser les prix », ajoute-t-il.

Bien que ces hausses aient longtemps été observées principalement pendant les périodes de distribution des aides du PAM, plusieurs habitants du site indiquent qu’une augmentation généralisée des produits alimentaires est désormais visible sur les marchés locaux.

Cette situation intervient à peine deux mois après les récoltes des céréales, notamment le maïs, ainsi qu’au début des récoltes des haricots dans certaines régions, deux denrées largement consommées au Burundi. Normalement, ces périodes de récolte entraînent une baisse des prix grâce à l’augmentation de l’offre sur les marchés. Mais à Musenyi et dans les localités environnantes, les prix continuent au contraire de grimper.

Face à cette réalité, les réfugiés du site de Musenyi appellent les autorités burundaises à renforcer le contrôle des prix afin de protéger les populations vulnérables contre les pratiques spéculatives observées pendant les distributions humanitaires. Ils demandent également un renforcement des mécanismes de surveillance des marchés dans la région.

Musenyi abrite quelque 22 000 réfugiés congolais ayant fui l’insécurité qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo. La majorité de ses occupants sont originaires de la province du Sud-Kivu.

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Photo : Une partie du site de Musenyi abritant des réfugiés congolais, avril 2025. Ses occupants font face à des conditions de vie précaires, aggravées par la hausse des prix des biens de première nécessité sur les marchés locaux, rendant l’accès à la nourriture et aux produits essentiels de plus en plus difficile pour de nombreuses familles. © SOS Médias Burundi

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