Gitega : deux corps en trois jours, une jeune femme enceinte parmi les victimes, l’inquiétude grandit

Gitega : deux corps en trois jours, une jeune femme enceinte parmi les victimes, l’inquiétude grandit

SOS Médias Burundi

Gitega, 25 juin 2026 – Deux découvertes macabres en trois jours dans la commune et province de Gitega, au centre du Burundi, ravivent les inquiétudes de la population face à une recrudescence des actes criminels dans la région.

Selon des informations recueillies sur place, le corps sans vie d’un homme dont l’identité n’a pas encore été établie a été découvert le 22 juin 2026 sur les berges de la rivière Ruvyironza, à proximité de la colline Rwingiri, en commune et province de Gitega.

D’après un témoin, la victime aurait été violemment agressée à l’aide d’un objet contondant. Son corps présentait de graves blessures au niveau du front. Les mêmes sources indiquent qu’il aurait été transporté à moto avant d’être abandonné à cet endroit par des individus non identifiés.

Contacté à ce sujet, Isaac Nibigira, chef de la colline Rwingiri, a confirmé la découverte du corps. Il a précisé que les circonstances et les motivations de ce meurtre demeurent inconnues à ce stade de l’enquête. Le responsable administratif a indiqué que la dépouille a été transférée à la morgue de l’hôpital régional de Gitega.

À ce jour, aucun suspect n’a été interpellé. Les habitants de la colline Rwingiri appellent à l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’identifier les auteurs et de les traduire en justice.

Une jeune femme enceinte retrouvée morte dans une maison d’hôtes

Dans un autre fait survenu à Gitega, le 24 juin 2026, le corps sans vie d’une jeune femme identifiée comme Francine Nduwayezu, âgée de 24 ans, a été découvert dans une chambre d’une maison d’hôtes (Guest House) située dans le quartier Shatanya de la ville de Gitega.

L’information a été confirmée par Asthman Ndayishimiye, chef du quartier Shatanya, qui a indiqué que les circonstances exactes du décès n’étaient pas encore élucidées, tout en soulignant que cette affaire suscitait une vive inquiétude au sein de la population locale.

Selon nos sources, la victime était enceinte d’environ sept mois au moment de son décès. Deux suspects, présentés comme des employés de l’établissement, ont été interpellés puis placés en détention dans les cachots du commissariat provincial de la police à Gitega, où ils sont auditionnés dans le cadre de l’enquête en cours.

Ces deux affaires, survenues en l’espace de trois jours, relancent le débat sur la situation sécuritaire dans la province de Gitega et renforcent les appels de la population en faveur d’enquêtes approfondies afin de faire toute la lumière sur ces décès et de sanctionner les éventuels responsables.

Selon un décompte établi par SOS Médias Burundi, au moins une quarantaine de corps ont été retrouvés depuis le début de l’année dans la seule province de Gitega.

Pour de nombreux habitants, ces faits ne relèvent pas de cas isolés. L’an dernier, l’organisation Ligue Iteka, pionnière de la défense des droits humains au Burundi et contrainte à l’exil depuis la crise de 2015, avait déjà classé la province parmi les zones les plus touchées par les violences meurtrières.

Malgré la répétition de ces drames, peu de résultats d’enquêtes sont rendus publics et les auteurs présumés sont rarement jugés, dénoncent plusieurs habitants, qui évoquent un sentiment d’impunité persistante.

Ces préoccupations rejoignent celles exprimées récemment par les évêques catholiques du Burundi, qui ont déploré la multiplication des découvertes de corps sans identification des auteurs. Ces déclarations avaient suscité une réaction du président Évariste Ndayishimiye, qui a reproché au clergé de tenir des propos perçus comme critiques à l’égard des institutions de l’État.

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Photo : Des habitants sur le lieu d’une découverte macabre en province de Gitega, au centre du Burundi. Deux corps ont été retrouvés en l’espace de trois jours, ravivant les inquiétudes sur la situation sécuritaire dans la région. © DR/SOS Médias Burundi

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