Gitega : accusé du vol d’une chèvre, un homme lynché à mort, deux personnes arrêtées

Gitega : accusé du vol d’une chèvre, un homme lynché à mort, deux personnes arrêtées

SOS Médias Burundi

Gitega, 2 juillet 2026 – Venant Munyene est décédé après avoir été violemment passé à tabac par des habitants de la colline Nyamagandika, en commune et province de Gitega, au centre du Burundi. Accusé d’avoir volé une chèvre, il a succombé à ses blessures après avoir été conduit dans un cachot de police. Deux personnes soupçonnées d’avoir participé à ce lynchage ont été arrêtées.

Selon un témoin, Venant Munyene a été surpris le 30 juin en train de voler une chèvre. Après son interpellation, plusieurs habitants de la colline Nyamagandika, gagnés par la colère, se sont rassemblés et l’ont violemment frappé à coups de gourdin et d’autres objets contondants.

Ces informations sont confirmées par Vital Ntawukirishiga, chef de la colline Nyamagandika. Il explique que des membres du comité mixte de sécurité sont ensuite intervenus pour soustraire la victime à la foule et la conduire dans les cachots de la police de Makebuko. C’est dans ce lieu de détention que Venant Munyene a finalement succombé à ses blessures.

Selon la même source, Éric Ndayishimiye et Germain Bukuru, présentés comme les principaux suspects dans cette affaire, ont été interpellés le 30 juin. Ils sont détenus dans les cachots de la police de Makebuko, où ils restent à la disposition de la justice dans le cadre de la poursuite des enquêtes.

Cette nouvelle affaire relance les inquiétudes autour de la recrudescence des actes de justice populaire dans la province de Gitega. Des membres de la société civile dénoncent un phénomène de plus en plus préoccupant, marqué par des lynchages de personnes soupçonnées d’infractions avant toute décision de justice.

Le 29 juin dernier, Fortuné Gaëtan Zongo, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Burundi, a dénoncé la persistance des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des actes de torture, des arrestations arbitraires et de l’impunité qui continuent de caractériser la situation des droits humains dans le pays. Quelques jours auparavant, les évêques catholiques du Burundi avaient également exprimé leur profonde préoccupation face à la multiplication des assassinats, des disparitions et des violations des droits fondamentaux. Ces prises de position avaient suscité une vive réaction du président Évariste Ndayishimiye, qui avait dénoncé des critiques qu’il jugeait infondées.

Au début du mois de juin 2026, trois présumés bandits avaient également été tués à coups de gourdin sur la colline Muyange, toujours en commune et province de Gitega, illustrant la persistance des actes de justice populaire dans cette partie du Burundi.

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Photo : Les autorités administratives, policières et judiciaires de Gitega lors d’une réunion avec des habitants après un lynchage ayant coûté la vie à trois hommes. © SOS Médias Burundi

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