Photo de la semaine : la décision de fermer l’École Internationale de Gitega provoque un séisme chez 736 élèves et leurs familles

Photo de la semaine : la décision de fermer l’École Internationale de Gitega provoque un séisme chez 736 élèves et leurs familles

La décision du ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, de fermer l’École Internationale de Gitega, située dans la capitale politique du Burundi, continue de susciter une vive émotion. Les 736 élèves inscrits dans cet établissement, leurs parents ainsi que les enseignants redoutent les conséquences d’une mesure qu’ils jugent précipitée. Entre risque de perte d’emploi, interruption de la scolarité et incertitudes juridiques, l’inquiétude grandit de jour en jour.

Le ministre François Havyarimana a ordonné la fermeture de cet établissement privé, une décision qui continue de provoquer une onde de choc dans la ville de Gitega. Enseignants, parents d’élèves et responsables de l’école dénoncent une mesure prise sans concertation suffisante et dont les conséquences pourraient être lourdes, tant sur le plan social qu’éducatif.

Pour les enseignants, cette décision est vécue comme un véritable coup de massue.

« Nous avons très mal accueilli la décision du ministre François Havyarimana de fermer l’École Internationale de Gitega. Nous vivons une confusion totale. Nous ne savons pas comment nous allons nourrir nos familles ni comment faire soigner nos enfants en cas de maladie. Personnellement, j’ai contracté un crédit pour construire ma première maison. Je ne vois pas comment je pourrai désormais honorer mes remboursements », confie à SOS Médias Burundi un enseignant de l’établissement ayant requis l’anonymat.

Selon lui, plusieurs employés risquent de perdre leur unique source de revenus si la décision est maintenue.

Du côté des parents, la colère le dispute à l’inquiétude. Plusieurs affirment avoir confié l’éducation de leurs enfants à cet établissement depuis de nombreuses années.

« Depuis 2007, mes sept enfants ont fréquenté l’École Internationale de Gitega. Cinq ont déjà terminé les humanités générales. Il me reste deux enfants : l’un est en 5ᵉ année et l’autre en 8ᵉ année. Aujourd’hui, on ferme cette école comme une simple boutique. Où iront-ils ? Même si je trouve un autre établissement, leur apprentissage risque d’en souffrir », témoigne un parent.

Selon ce parent, plusieurs familles ont commencé à signer une pétition destinée au Premier ministre, Nestor Ntahontuye, afin de demander la suspension de cette décision et l’ouverture d’un dialogue avec les autorités.

Le président du comité des parents, Deo Kavamahanga, indique que plusieurs démarches ont déjà été entreprises auprès du ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique.

« Nous avons remis tous les documents demandés, notamment le titre de propriété ainsi que l’agrément de l’établissement. Malgré cela, nous n’avons obtenu aucune réponse favorable », explique-t-il.

Selon M. Kavamahanga, le comité n’exclut pas de saisir les juridictions compétentes afin de contester la décision ministérielle. Il affirme également avoir tenté à plusieurs reprises de joindre le ministre François Havyarimana par téléphone et par WhatsApp, sans obtenir de réponse.

Dans sa décision, le ministre justifie la fermeture de l’École Internationale de Gitega par l’absence d’un cadre légal régissant son fonctionnement. Il soutient également que l’établissement occupe des bâtiments appartenant à l’État sans disposer d’un contrat de bail.

Ces explications peinent toutefois à convaincre une partie des habitants de Gitega. Plusieurs estiment que les irrégularités invoquées auraient pu être corrigées dans le cadre d’un dialogue entre les autorités et les responsables de l’école, sans recourir à une fermeture immédiate.

« Lorsqu’une école accueille plus de 700 élèves, il faut privilégier une solution qui protège avant tout l’intérêt des enfants », estime un habitant de Gitega.

Dans la capitale politique, certains évoquent également de possibles considérations politiques derrière cette décision. Aucune preuve n’a toutefois été rendue publique à ce stade pour étayer ces affirmations.

À l’approche de la rentrée scolaire prévue en septembre prochain, les 736 élèves concernés, leurs familles ainsi que les employés de l’établissement vivent dans une profonde incertitude. Beaucoup ignorent où les enfants poursuivront leur scolarité et s’interrogent sur les conséquences pédagogiques, psychologiques et financières que cette fermeture pourrait entraîner.

Les parents, les enseignants et les responsables de l’école espèrent désormais une révision de la décision ministérielle ou une issue favorable aux recours qu’ils envisagent d’engager. Ils estiment qu’une fermeture définitive sans solution de remplacement risquerait de compromettre le parcours scolaire de centaines d’enfants et de fragiliser davantage les familles concernées.

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Notre photo : vue d’une cour intérieure de l’École Internationale de Gitega, dont la fermeture a suscité de vives réactions parmi les élèves, les parents et les enseignants

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