Musasa : après des mois de soif, l’eau revient… mais la crise menace de continuer

Musasa : après des mois de soif, l’eau revient… mais la crise menace de continuer

SOS Médias Burundi

Musasa, 16 juillet 2026 –Après plus de six mois marqués par une grave pénurie d’eau potable, les réfugiés congolais du camp de Musasa, situé dans la province de Butanyerera, dans le nord du Burundi, retrouvent enfin un accès à cette ressource essentielle grâce à une intervention d’urgence du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’organisation a mis en place un système provisoire d’approvisionnement par camion depuis les sources situées en commune de Gasorwe, dans la province de Buhumuza, au nord-est du Burundi. Si cette mesure apporte un soulagement aux plus de 9 000 réfugiés vivant dans le camp, elle ne dissipe pas les inquiétudes quant à l’avenir de l’approvisionnement en eau.

L’eau revient après plus de six mois de privations

Depuis cette semaine, un camion mobilisé par le HCR transporte quotidiennement de l’eau depuis les sources de Gasorwe jusqu’au camp de Musasa.

À son arrivée, l’eau est déversée dans des réservoirs avant d’être distribuée à travers les différents robinets installés dans le camp.

Cette intervention fait suite à plusieurs mois de difficultés provoquées par la panne de la pompe qui assurait l’alimentation en eau potable du site.

Durant cette période, de nombreuses familles ont été contraintes d’acheter de l’eau à des prix élevés ou de parcourir de longues distances pour s’en procurer, avec des répercussions importantes sur leur santé, leur hygiène et leurs conditions de vie.

« Nous remercions le HCR pour cette initiative. Depuis que l’eau est revenue, nous respirons un peu. Avant, je dépensais une grande partie de mon argent pour acheter de l’eau. C’était une charge très lourde pour ma famille alors que nous avons déjà beaucoup d’autres besoins. Aujourd’hui, cette dépense a diminué et cela nous soulage énormément », témoigne Espérance, une réfugiée du camp de Musasa.

Une solution d’urgence qui ne rassure pas totalement

Malgré ce retour de l’eau, les réfugiés restent prudents. Ils considèrent que l’approvisionnement par camion ne constitue qu’une solution temporaire.

Plusieurs habitants redoutent que ce système soit perturbé par les difficultés d’approvisionnement en carburant qui persistent dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Selon eux, la solution durable passe par la réparation de la pompe en panne ainsi que par un approvisionnement régulier en électricité afin de garantir le fonctionnement permanent du système d’adduction d’eau.

Les réfugiés réclament une solution définitive

Un responsable communautaire du camp, qui a requis l’anonymat, salue l’intervention du HCR tout en appelant à des investissements durables.

« Nous apprécions les efforts du HCR qui ont permis de réduire les souffrances de la population. Toutefois, cette alternative ne peut pas remplacer une solution permanente. Nous demandons au HCR et à son partenaire chargé de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, COPED, de multiplier les efforts afin de mobiliser un bailleur capable de financer la réparation ou l’installation d’une pompe fonctionnelle ainsi qu’un raccordement fiable à l’électricité. C’est la seule manière de mettre définitivement fin aux pénuries d’eau dans le camp », explique-t-il.

Une crise qui révèle la fragilité des infrastructures

Le camp de Musasa accueille plus de 9 000 réfugiés congolais, confrontés à plusieurs défis humanitaires.

La pénurie d’eau potable, qui a duré plus de six mois, a mis en lumière la fragilité des infrastructures d’approvisionnement en eau et la nécessité d’investissements durables pour garantir un accès régulier à cette ressource essentielle.

Si le retour de l’eau grâce au transport par camion apporte un soulagement immédiat, les réfugiés craignent que la crise ne resurgisse tant qu’une solution permanente ne sera pas mise en place.

Pour eux, l’accès à l’eau potable ne représente pas seulement un besoin quotidien, mais une condition indispensable à la santé, à l’hygiène et à la dignité des milliers de personnes vivant dans le camp de Musasa. Ils espèrent désormais que le HCR et ses partenaires mobiliseront les ressources nécessaires pour remettre durablement en service le système d’alimentation en eau du camp et mettre un terme à une crise qui dure depuis plus de six mois.

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Photo : plusieurs réfugiés congolais du camp de Busuma attendent l’eau qui arrive au compte-gouttes à bord d’un camion-citerne du HCR, en janvier 2026. À Musasa, dans la province de Butanyerera, des réfugiés ont également vécu plus de six mois de pénurie d’eau potable avant la mise en place d’un approvisionnement d’urgence par camion. Ils demandent une solution durable pour éviter une nouvelle crise. ©SOS Médias Burundi

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