RDC : Ebola vacille sous le poids de la grève des agents de santé

RDC : Ebola vacille sous le poids de la grève des agents de santé

SOS Médias Burundi

Goma, 18 juillet 2026 — Alors que les autorités congolaises intensifient leurs efforts pour contenir la nouvelle flambée d’Ebola, la riposte est confrontée à un obstacle de taille : la poursuite de la grève des agents de santé. Dans les zones de santé de Butembo et Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu’à Kisangani, dans le nord-est du pays, médecins, infirmiers, laborantins et agents communautaires refusent toujours de reprendre le travail. Ils réclament le paiement de leurs salaires et de leurs primes de risque, une situation qui fragilise davantage les efforts visant à endiguer la propagation du virus.

Dans les zones de santé de Butembo et Beni, dans l’est de la RDC, ainsi qu’à Kisangani, dans le nord-est du pays, les structures impliquées dans la lutte contre Ebola continuent de fonctionner au ralenti. Depuis plusieurs jours, les professionnels de santé observent un mouvement de grève qu’ils qualifient d’illimité, dénonçant le non-paiement de leurs rémunérations ainsi que des primes de risque promises dans le cadre de la riposte.

Médecins, infirmiers, laborantins, agents de surveillance communautaire et personnels de soutien affirment maintenir leur mobilisation malgré les répercussions sur les activités sanitaires. Selon plusieurs grévistes, ils ne reprendront leurs fonctions qu’après le règlement effectif de leurs revendications.

«« Nous ne pouvons pas continuer à risquer nos vies sans être rémunérés. Nous reprendrons le travail lorsque le gouvernement aura payé nos salaires et nos primes de risque », confient plusieurs médecins engagés dans le mouvement.»

Les organisations syndicales du secteur de la santé estiment que les promesses formulées jusqu’à présent ne suffisent plus. Elles exigent des paiements effectifs avant toute suspension du mouvement.

Une riposte sérieusement perturbée

La poursuite de cette grève intervient alors que les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance épidémiologique, de recherche des cas contacts, de vaccination ciblée et de prise en charge des patients.

Dans plusieurs centres de santé, les consultations non urgentes restent perturbées. Certaines équipes chargées de la surveillance communautaire travaillent avec des effectifs réduits, tandis que plusieurs activités de sensibilisation ont été suspendues ou fortement ralenties.

Pour les spécialistes de santé publique, chaque interruption dans la chaîne de surveillance augmente le risque de propagation du virus. Face à Ebola, chaque minute compte : détecter rapidement un cas suspect, effectuer les prélèvements, confirmer le diagnostic, isoler le patient et retrouver toutes les personnes ayant été en contact avec lui. L’absence d’une partie des équipes de terrain ralentit ces opérations essentielles et laisse davantage d’opportunités au virus de circuler au sein des communautés.

À Kanyaruchinya, dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, un point de contrôle sanitaire a été installé par les autorités pour la prise de température et le respect des mesures de lutte contre le virus Ebola. Des dispositifs similaires sont en place à Beni et à Goma, dans un contexte de surveillance renforcée face à la flambée de la maladie dans l’est de la République démocratique du Congo. © SOS Médias Burundi

Les soignants restent inflexibles

Les représentants des grévistes assurent que le mouvement ne sera levé qu’après le paiement intégral des salaires et des primes de risque.

Ils rappellent que les personnels engagés dans la riposte travaillent quotidiennement dans des conditions particulièrement dangereuses, souvent au contact direct de personnes infectées par le virus. Selon eux, les primes de risque constituent un engagement de l’État qui ne peut plus être continuellement reporté.

Les médecins soulignent également que plusieurs de leurs collègues ont perdu la vie lors des précédentes flambées d’Ebola en République démocratique du Congo. Pour eux, honorer ces sacrifices passe aussi par le respect des engagements pris envers les équipes de première ligne.

Le gouvernement face à un double défi

Les autorités congolaises doivent désormais répondre à une double urgence : poursuivre efficacement la lutte contre Ebola tout en désamorçant une crise sociale qui menace le système de santé.

Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires internationaux, les activités essentielles se poursuivent dans les centres de traitement et les laboratoires. Toutefois, les partenaires rappellent que le succès de la riposte dépend avant tout de l’engagement des ressources humaines nationales.

Sans médecins, infirmiers, laborantins et agents communautaires, il devient difficile d’assurer efficacement la surveillance épidémiologique, le suivi des cas contacts, la sensibilisation des populations et la prise en charge rapide des malades.

Un homme se lave les mains dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola à la frontière entre Gisenyi (Rwanda) et Goma (RDC). Des agents de santé y assurent une surveillance renforcée face à l’épidémie. © SOS Médias Burundi

Une crise qui fait peser de lourdes inquiétudes

Alors que les autorités sanitaires cherchent à empêcher la propagation du virus vers d’autres provinces, la poursuite de cette grève fait peser une menace supplémentaire sur une riposte déjà confrontée à de nombreux défis sécuritaires et logistiques.

Déterminés à poursuivre leur mouvement, les professionnels de santé affirment qu’ils ne reprendront leurs activités qu’après le paiement effectif de leurs salaires et de leurs primes de risque.

En attendant une issue aux négociations, la lutte contre Ebola demeure fortement fragilisée. Entre urgence sanitaire, tensions sociales et contraintes sécuritaires dans l’est de la RDC, les autorités congolaises sont engagées dans une véritable course contre la montre pour éviter que cette crise ne compromette davantage les efforts destinés à maîtriser l’épidémie.

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Photo : Des femmes et des filles rassemblées dans un centre pour participer à une séance de sensibilisation afin d’adopter les bonnes pratiques d’hygiène et de prévention contre les maladies infectieuses, notamment Ebola. © SOS Médias Burundi

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