Éducation – Burundi : 5 000 enseignants et des milliers de bancs-pupitres pour tenter de redresser une école en difficulté

Éducation – Burundi : 5 000 enseignants et des milliers de bancs-pupitres pour tenter de redresser une école en difficulté

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 18 juillet 2026 — Recrutement de près de 5 000 enseignants, milliards de francs burundais investis dans le programme « Zéro enfant mal assis » et milliers de bancs-pupitres annoncés : le gouvernement burundais affiche un bilan ambitieux pour le secteur de l’éducation. Mais derrière ces annonces, le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, a lui-même reconnu plusieurs insuffisances, notamment la fabrication de bancs-pupitres non conformes aux normes, des réticences dans l’application des procédures de recrutement fondées sur le mérite et des retards dans le remplacement de certains enseignants. Des constats qui mettent en lumière les défis persistants auxquels reste confronté le système éducatif burundais.

Lors d’une conférence de presse tenue vendredi à Bujumbura, la capitale économique du Burundi où se trouve le siège du ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana a présenté le bilan de l’exercice 2025-2026 et les principales orientations prévues pour l’année scolaire 2026-2027.

Plus de 18 milliards de FBu mobilisés pour le programme « Zéro enfant mal assis »

Le ministre a indiqué que le gouvernement avait débloqué 18 milliards de francs burundais au profit de toutes les communes du pays afin de financer la fabrication de bancs-pupitres destinés aux établissements confrontés à une pénurie de mobilier scolaire.

Selon les chiffres présentés, 25 499 bancs-pupitres ont été fabriqués grâce au budget général de l’État, 31 233 sur les budgets des communes et 16 369 avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Le ministre a affirmé que plus de 44 000 bancs-pupitres avaient déjà été mis à la disposition des écoles afin d’améliorer les conditions d’apprentissage de milliers d’élèves.

Des bancs-pupitres non conformes dans certaines communes

Malgré ces annonces, François Havyarimana a reconnu que des irrégularités avaient été constatées dans certaines communes. Certains bancs-pupitres fabriqués ne respecteraient pas les spécifications techniques établies par le ministère.

Les fabricants concernés ont été sommés de corriger les imperfections relevées afin de garantir la qualité et la durabilité des équipements destinés aux élèves.

Une écolière se lève pour répondre aux questions de son enseignant dans une salle de classe au Burundi, où les élèves font face à des défis liés notamment aux effectifs élevés et aux conditions d’apprentissage. © SOS Médias Burundi

Des investissements annoncés dans l’enseignement supérieur

Le ministre a également annoncé plusieurs projets d’infrastructures universitaires destinés à améliorer les conditions d’études dans l’enseignement supérieur.

Il s’agit notamment de la construction de nouvelles salles de cours à l’Université du Burundi, de la réhabilitation du campus de Kiriri, à Bujumbura, de la rénovation des homes et des restaurants universitaires, ainsi que de la construction de nouveaux bâtiments universitaires à Musenyi, dans la province de Butanyerera, au nord du pays, et à Makamba, dans la province de Burunga, au sud.

Selon François Havyarimana, ces investissements devraient contribuer à améliorer les conditions d’apprentissage et de vie des étudiants burundais.

Près de 5 000 nouveaux enseignants attendus

Pour répondre au déficit d’enseignants observé dans plusieurs établissements scolaires, le gouvernement prévoit le recrutement d’environ 5 000 nouveaux enseignants au cours de l’année scolaire 2026-2027.

François Havyarimana a insisté sur la nécessité de garantir la transparence et de privilégier le mérite dans le processus de recrutement.

Il a précisé que 1 964 enseignants avaient déjà été recrutés sur concours et que les remplacements des enseignants ayant quitté le service avaient été effectués sur la base des résultats obtenus par les candidats.

Le ministre a rappelé que, par le passé, moins de 700 enseignants étaient recrutés chaque année. Selon lui, l’augmentation du nombre de recrutements traduit la volonté du gouvernement de réduire progressivement le déficit en personnel enseignant.

Le mérite au centre du recrutement, mais des difficultés persistent

François Havyarimana a estimé que le recrutement basé sur les résultats des concours permet d’assurer davantage d’équité entre les candidats et de limiter les contestations observées lors des précédentes campagnes.

Il a toutefois regretté que certains directeurs communaux de l’éducation aient manifesté des réticences à appliquer cette procédure fondée sur le mérite.

Le ministre a également expliqué que plusieurs enseignants nommés à des fonctions administratives dans le cadre de la décentralisation des services publics n’avaient pas été remplacés à temps, certains ministères d’accueil n’ayant pas introduit officiellement leurs demandes de transfert.

Selon lui, des mesures correctives ont déjà été prises pour éviter que ces situations ne se reproduisent.

Malgré les investissements annoncés et les recrutements prévus, les défis restent importants pour l’école burundaise. Dans plusieurs établissements, le manque d’enseignants, de mobilier scolaire et d’infrastructures adaptées continue de peser sur les conditions d’apprentissage. La mise en œuvre effective des mesures annoncées sera donc déterminante pour améliorer durablement la qualité de l’éducation au Burundi.

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Photo : Une enseignante dans une salle de classe bondée à Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, illustrant les défis persistants du système éducatif national, confronté à des effectifs pléthoriques et à des conditions d’apprentissage difficiles. © SOS Médias Burundi

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