Burundi : le ministre de l’Éducation annule toutes les mutations récentes à la veille de la rentrée scolaire
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 septembre 2025- Le ministre de l’Éducation dénonce des mutations illégales et impose un retour immédiat aux écoles d’origine, sous peine de suspension de salaire.
Le ministre de l’Éducation et de la Recherche scientifique, Pr François Havyarimana, a annoncé ce lundi 1er septembre 2025 l’annulation de toutes les mutations d’enseignants accordées depuis juillet par les directions provinciales et communales de l’enseignement. Il qualifie ces affectations de « mutations illégales », décidées sans respect des procédures officielles.
Cette déclaration a été faite à Rumonge, en province de Burunga, au sud du Burundi, lors du lancement officiel des ateliers de renforcement des capacités des directeurs d’écoles, maîtres responsables et enseignants, qui se dérouleront sur deux semaines.
Objectif : éviter la pagaille à la rentrée
Selon le ministre, cette mesure vise à prévenir la désorganisation du personnel enseignant à la veille de la rentrée scolaire. De nombreuses écoles risquaient de se retrouver sans enseignants suite à ces mutations non encadrées.
« Toutes les mutations accordées depuis juillet sont nulles et de nul effet. Les enseignants concernés doivent impérativement regagner leurs écoles d’origine dès la rentrée. En cas de non-respect, leurs salaires seront suspendus », a martelé le Pr Havyarimana.
Des mutations sans remplaçants : une faute administrative
Le ministre a rappelé un principe fondamental : toute mutation doit être accompagnée du remplacement effectif de l’enseignant dans son poste d’origine. Ce n’est pas le cas pour la majorité des mutations récentes, qui ont été décidées sans coordination, parfois au mépris de l’intérêt pédagogique.
« Ces mutations ne respectent aucune règle en matière de gestion du personnel », a-t-il déploré.
Une priorité aux enseignants oubliés de 2005 à 2010
Les mutations resteront suspendues jusqu’à la mise en œuvre de deux étapes clés :
- Le recrutement de nouveaux enseignants pour combler les besoins du système éducatif ;
- La mutation prioritaire des enseignants redéployés entre 2005 et 2010, dont certains parcourent encore plus de 30 km à pied chaque jour pour rejoindre leur école, tout en percevant des salaires modestes.
Corriger les injustices et rétablir l’ordre
Selon le ministre, cette décision vise à corriger des injustices anciennes et à rétablir l’ordre et l’équité dans la gestion des ressources humaines du secteur éducatif.
« Il est temps que l’État protège aussi ceux qui ont été longtemps négligés dans le système », a-t-il ajouté.
La rentrée scolaire 2025 est prévue pour le 15 septembre prochain, selon nos sources.
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Photo : deux enseignants dans une salle de classe au Burundi. À la veille de la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale a annulé toutes les mutations récentes. © SOS Médias Burundi
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