Ngozi frappée par une grave pénurie d’eau malgré la construction de réservoirs coûteux
SOS Médias Burundi
Ngozi, 4 septembre 2025- Malgré la construction de grands réservoirs censés améliorer l’approvisionnement en eau, la ville de Ngozi, chef-lieu de la province de Butanyerera au nord du Burundi, fait face à une pénurie d’eau sans précédent. Dans certains quartiers, les robinets sont à sec depuis plus de trois mois, transformant la vie quotidienne des habitants en un véritable calvaire.
À Ngozi-Butanyerera, des centaines de ménages sont touchés. Dans plusieurs zones, les habitants n’ont pas vu d’eau au robinet depuis des semaines, voire des mois. Une situation qui complique l’hygiène domestique et expose les familles à de graves risques sanitaires, notamment dans les foyers qui ne disposent que de latrines rudimentaires.
« On vit comme dans une région oubliée, alors qu’on est en pleine ville », déplore un habitant du quartier Kinyami.
Des réservoirs coûteux… mais inutiles ?
La société Sogea Satom a récemment construit de grands réservoirs dans le vallon de Nyakijima, avec l’objectif de résoudre durablement le problème d’approvisionnement. Mais ces infrastructures, qui ont nécessité d’importants investissements publics, n’ont aucunement amélioré la situation, selon les habitants.
« On voit les réservoirs, mais toujours pas d’eau. À quoi ont-ils servi ? », s’interroge une mère de famille.
REGIDESO reconnaît la crise, mais reste floue
Le responsable du service de l’eau à la REGIDESO (entreprise étatique chargée de la distribution de l’eau et de l’électricité) à Ngozi admet que la situation est critique, mais n’apporte que peu de détails. Il évoque deux causes principales :
- La croissance démographique rapide de la ville, qui augmente la demande ;
- La dépendance des pompes à l’électricité, alors que la région connaît de fréquentes coupures de courant.
« Lorsque le courant se fait rare, le pompage de l’eau devient impossible », concède-t-il.
Une urgence sanitaire en gestation
Face à cette pénurie prolongée, les habitants tirent la sonnette d’alarme. Ils craignent une recrudescence des maladies liées au manque d’hygiène, en particulier chez les enfants et les personnes âgées.
« Si rien n’est fait rapidement, ce n’est pas seulement une crise de l’eau, c’est une crise sanitaire qui nous attend », alerte un infirmier d’un centre de santé local.
Appels à l’action
La population appelle les autorités locales et nationales à agir sans délai, et à auditer l’efficacité des infrastructures construites. Beaucoup demandent également un plan d’urgence pour ravitailler les quartiers les plus touchés, notamment par camions-citernes.
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Photo : À Ngozi, peu de résidents sont visibles autour du robinet, mais une longue file de bidons jaunes témoigne de l’urgence et du besoin en eau. © SOS Médias Burundi
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