Lusenda : deux ans sans aide alimentaire, les réfugiés burundais lancent un cri d’alarme au HCR
SOS Médias Burundi
Bukavu, 23 septembre 2026— Le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en République démocratique du Congo (RDC), Maurice Azonnankpo, a effectué mardi une visite au camp de réfugiés burundais de Lusenda, dans le territoire de Fizi, en province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC. Face à lui, les réfugiés ont exposé une série de difficultés, notamment l’arrêt de l’aide alimentaire depuis plus de deux ans, la pénurie de médicaments, les difficultés d’accès aux soins de santé, les risques sécuritaires auxquels sont exposées les femmes et les problèmes liés à l’éducation des enfants.
Accompagné de représentants du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Maurice Azonnankpo a échangé directement avec les réfugiés sur leurs conditions de vie.
Deux ans sans aide alimentaire
La rencontre s’est tenue dans la salle de danse du camp. Le président des réfugiés de Lusenda, Désiré Ahishakiye, a présenté aux responsables humanitaires les principales préoccupations de la communauté.
Parmi les problèmes soulevés figure l’assistance alimentaire. Les représentants des réfugiés ont indiqué que le Programme alimentaire mondial (PAM) ne fournit plus d’aide alimentaire depuis plus de deux ans.
Cette situation constitue, selon eux, l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontées les familles vivant dans le camp. Ils demandent que la question de l’assistance alimentaire soit réexaminée alors que de nombreux ménages peinent à subvenir à leurs besoins.
Les réfugiés ont également évoqué la pénurie de médicaments et les difficultés d’accès aux soins de santé. Ils demandent un renforcement de l’assistance médicale afin de répondre aux besoins de la population du camp.
Des inquiétudes pour la sécurité des femmes
La sécurité des femmes a également été au centre des échanges. Selon les représentants des réfugiés, certaines femmes sont exposées à des risques lorsqu’elles se rendent dans les champs et les zones environnantes à la recherche de bois de chauffage.
Ils ont notamment fait état de la présence d’hommes armés dans certaines zones, une situation qui alimente les inquiétudes au sein de la communauté.
L’éducation des enfants en difficulté
Les représentants des réfugiés ont par ailleurs attiré l’attention sur la situation des enfants. Ils estiment que plusieurs d’entre eux ne bénéficient pas d’une prise en charge suffisante et demandent aux acteurs humanitaires d’accorder davantage d’attention à l’éducation.

La question de la discrimination ethnique a également été évoquée lors de la rencontre, parmi les préoccupations présentées aux responsables humanitaires.
Le HCR promet d’examiner les doléances
Prenant la parole, Maurice Azonnankpo a expliqué que sa présence à Lusenda, aux côtés des représentants de l’OCHA et du PNUD, visait notamment à écouter directement les réfugiés et à mieux comprendre leurs conditions de vie.
Le représentant du HCR a indiqué qu’il allait examiner, avec ses collègues, les différentes préoccupations présentées au cours de la rencontre afin d’identifier les problèmes susceptibles de faire l’objet d’une réponse.
Il a également appelé les réfugiés à ne pas s’impliquer dans les dossiers politiques ni dans les groupes armés, insistant sur la nécessité de préserver le caractère humanitaire du camp.
Une situation humanitaire préoccupante
Cette visite intervient alors que les réfugiés burundais de Lusenda continuent de faire face à plusieurs difficultés liées à l’accès à l’aide humanitaire, à la sécurité, à la santé et à l’éducation.
Selon les informations communiquées lors de la rencontre, la République démocratique du Congo accueille plus de 42 000 réfugiés burundais.
À Lusenda, les réfugiés espèrent que les préoccupations exposées directement aux responsables humanitaires permettront de déboucher sur des réponses concrètes, notamment en matière d’alimentation, de soins de santé, d’éducation et de protection.
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Photo : des réfugiés burundais du camp de Lusenda, dont des enfants, réunis pour dire au revoir à ceux qui rentrent au Burundi dans le cadre du programme de rapatriement volontaire organisé par le HCR. Plusieurs réfugiés ont décidé de rentrer en raison de la dégradation de leurs conditions de vie dans le camp. © SOS Médias Burundi
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