Kenya : vers la fermeture de deux grands camps de réfugiés

Kenya : vers la fermeture de deux grands camps de réfugiés

Le gouvernement kényan veut fermer les camps de Dadaab et celui de Kakuma qui hébergent plus de 20.000 Burundais. Un ultimatum a été donné au HCR d’exécuter l’ordre. L’ agence a seulement 14 jours pour l’élaboration d’un plan en vue de fermer les deux camps. Les autorités kényannes expliquent que les camps de réfugiés constituent une menace terroriste. Le HCR ne l’entend pas de cette oreille. (SOS Médias Burundi)

C’est le ministre de l’intérieur et de la sécurité du Kenya qui a annoncé la mesure. Il explique que “cette décision a été prise en raison des menaces terroristes planifiées depuis les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma”.

Le HCR a rapidement réagi. Cette agence onusienne met en garde contre la catastrophe que représenterait l’expulsion des réfugiés des deux camps. “Le HCR a été informé par les autorités kényannes de cette décision. Toutefois, les conséquences seraient tellement énormes notamment en raison de la pandémie de Covid-19 qui sévit actuellement. Nous pensons mener un dialogue avec les autorités kényannes sur cette question”, a précisé le HCR, dans un bref communiqué. Le HCR exhorte le Kenya à “veiller à ce que toute décision prise puisse permettre de trouver des solutions adaptées et durables et à ce que les personnes qui ont besoin encore d’une protection puissent en bénéficier”.

Toutefois, le ministre kényan de l’intérieur, Fred Matiang’i ne fléchit pas. Sur son compte Twitter, il a écrit que “cette décision est non négociable”. Les deux camps comptent respectivement 218 873 et 196 666 réfugiés.
La plupart d’entre eux sont des Somaliens, Sud-Soudanais et des Congolais ainsi que des Burundais.

Depuis 2015, le Kenya affirme que les terroristes d’Al-Shabaab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont attaqué l’université de Garissa (ancienne province du nord-est) tuant 152 personnes dont 142 étudiants le 2 avril 2015 avaient bénéficié de l’aide de sympathisants établis dans le camp de réfugiés de Dadaab.

De mauvaises relations diplomatiques

Selon des sources proches de l’affaire, la mesure serait liée à de relations diplomatiques en détérioration entre le Kenya et la Somalie. Le plus grand nombre de réfugiés des deux camps étant originaires de la Somalie.

Depuis novembre 2016, le Kenya a manifesté son intention de fermer le camp de Dadaab le soupçonnant de constituer une menace pour la sécurité du peuple kényan.

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Photo : vue panoramique du camp de Dadaad. Crédit-photo Gettyimages

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