Gatumba : ces inondations perpétuelles

Gatumba : ces inondations perpétuelles

Tous les neuf (9) quartiers de la zone de Gatumba dans la commune de Mutimbuzi (province de Bujumbura, ouest du Burundi) ont été envahis par les eaux de la Rivière Rusizi (séparant le Burundi et la RDC) il y a quelques jours. Les responsables administratifs parlent de 10 personnes déjà portées disparues, plus de 2.000 maisons déjà effondrées et au moins 10.000 personnes qui ont été obligées de déménager. Le gouvernement envisage délocaliser des habitants. (SOS Médias Burundi)

Selon le chef de zone de Gatumba, les dégâts sont innombrables. « Nous avons déjà recensé 10 personnes portées disparues depuis plus d’une semaine en plus d’au moins 2.000 maisons qui se sont effondrées. Nous comptons également plus de 10.000 personnes devenues sans abri », indique Hassan Ntahetwa.

Nos reporters se sont rendus dans la zone. Ils parlent d’une situation désastreuse avec des milliers d’habitants qui passent la nuit à la belle étoile sans lieu d’aisance. « Les sinistrés passent la nuit à la belle étoile sur de petits espaces non encore inondés. C’est sur la chaussée d’Uvira (reliant la capitale économique Bujumbura à la ville d’Uvira à l’est de la RDC). Les hommes et jeunes gens veillent. Seuls les femmes et les enfants dorment », confient des sinistrés.

Kajaga, une femme transporte un matelas
Une femme transporte un matelas en quittant sa maison envahie par les eaux

Des maladies des mains sales

D’après le chef de quartier de Kinyinya 1 (même zone de Gatumba), plus d’une cinquantaine de cas de dysenterie bacillaire et de choléra se sont déjà manifestés. Il craint une forte contagion parce que l’endroit ne dispose pas de latrine ni d’eau potable. « Ça devient très dangereux parce que même toutes les infrastructures sanitaires dont l’hôpital de Gatumba ne fonctionnent plus. Elles n’ont pas été épargnées », alerte M. Ntahetwa avant de mentionner que même les écoles sont inaccessibles.

Qu’en dit le gouvernement?

Une délégation de quatre ministres s’est déplacée ce lundi pour constater les dégâts occasionnés par les eaux de la Rusizi et du Lac Tanganyika. Gervais Ndirakobuca ayant en charge le ministère de la gestion des catastrophes naturelles a promis une aide et une solution durable. Mais les concernés n’y croient pas . « Ce n’est que des démagogues. On a depuis longtemps demandé qu’on nous aide à déménager, en vain. Et voilà qu’ils viennent quand le malheur s’est déjà abattu sur nous. Ce gouvernement ne se soucie pas du peuple, sinon il devrait être intervenu avant la catastrophe », ne décolèrent pas des victimes des inondations.

Prépararion de la nourriture au bord de la route
Une jeune femme prépare de la nourriture au bord de la route dans un espace non inondé qui sert d’abri

M. Ndirakobuca a dit aux sinistrés qu’ils peuvent être délocalisés. « Soyez prêts pour des mesures que le gouvernement va prendre et qui peuvent aboutir à un déménagement vers d’autres zones sûres. Il y en a qui disent qu’ils ne peuvent pas quitter la plaine et les poissons du lac Tanganyika, oubliez ça. Préparez vos cœurs car le gouvernement peut être amené à vous délocaliser. Il est responsable de votre sécurité et bien-être » a insisté Gervais Ndirakobuca qui a demandé aux bailleurs d’aider le gouvernement sans exiger plus de rigueur dans la gestion de la situation de Gatumba et ses environs.

L’an dernier, au moins 25 mille personnes ont été obligées de fuir leur ménage suite au débordement des eaux de la Rusizi et du lac Tanganyika.

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Photo : ruines d’une maison détruite par les eaux

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