Affaire-Germain Rukuki : HRW réagit après l’annonce de la réduction de sa peine

Affaire-Germain Rukuki : HRW réagit après l’annonce de la réduction de sa peine

Hier, la cour d’appel de Ntahangwa (nord de Bujumbura la capitale économique) a prononcé en audience publique une décision qui réduit à 1an de prison de Germain Rukuki, l’activiste burundais en détention depuis 2017. Dans la foulée, des organisations de défense des droits humains locale et internationale se sont réjouies. Human Rights Watch, l’une des organisations internationales qui a suivi l’affaire depuis le début trouve que la mesure laisse un sentiment mitigé. (SOS Médias Burundi)

D’après Lewis Mudge, directeur de Human Rights Watch en Afrique centrale, la mesure est bonne. « Bien sûr, il ne devrait pas passer une minute de plus en prison et chez HRW, nous nous réjouissons. Mais il n’aurait pas dû passer un seul instant en prison et un système judiciaire vraiment juste et impartial aurait dû l’acquitter de toutes les charges et ordonner qu’il reçoive une compensation pour le temps passé injustement en prison », a-t-il réagi sur son compte twitter.

Pions

D’après M. Mudge, il semble que des défenseurs de droits humains soient utilisés comme des pions par le gouvernement de Gitega et qu’il faille se réjouir lorsqu’ils reçoivent « que » de peines réduites et des amendes exorbitantes pour leur travail légitime alors que d’autres sont encore en danger ou en exil.

Relations entre Gitega et l’UE

Selon HRW, l' »UE au Burundi va visiblement de l’avant avec la levée des mesures en place contre le gouvernement burundais, mais ne reconnaît pas publiquement et n’appelle pas à la fin des violations continues des droits humains et l’impunité qui règnent au Burundi ».

M. Mudge rappelle que son organisation et 11 autres ont adressé ce lundi une lettre ouverte à l’UE lui rappelant qu’elle fait cette démarche au détriment de ses engagements et critères en matière de droits de l’homme qui n’ont pas été respectés.

Pour conclure, HRW trouve que « les sanctions ciblées et la surveillance de l’ONU doivent être maintenues jusqu’à ce que la justice pour les abus soit rendue et que les Burundais puissent vivre dans une société libre et démocratique ».

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Photo : Germain Rukuki / DR

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