Photo de la semaine-Nyarugusu (Tanzanie) : destruction des champs des rapatriés décriée
L’ administration du camp de réfugiés de Nyarugusu en Tanzanie procède à la destruction des champs des réfugiés burundais qui sont récemment rentrés au Burundi. L’ étape suivante sera la démolition de leurs maisons. L’ objectif est d’inciter les réfugiés à rentrer, explique-t-elle. (SOS Médias Burundi)
Les cultures visées sont surtout les bananeraies, les champs de maïs, de sorgho, de manioc ou encore de fruits. Les zones les plus touchées sont 3,4,8 et 9.
L’ administration du camp explique qu’elle veut dégager des places vides mais aussi inciter ceux qui résistent encore, à s’enregistrer massivement au rapatriement volontaire.
L’ opération menée vendredi dernier est fortement décriée au camp de réfugiés burundais de Nyarugusu. « Un père est rentré au Burundi laissant sa famille dans le camp. Mais cela n’a pas empêché les jeunes gardiens de la paix de mettre son champ sur la liste de ceux qui doivent être détruits », se lamentent des réfugiés.
Une bagarre a failli éclater à Nyarugusu, n’eut été l’intervention de la police pour limiter les dégâts. “D’un côté, les jeunes burundais ont voulu empêcher les démolitions. Ils se sont imposés et ont engagé des combats contre des Congolais et des Tanzaniens. Comme ils avaient tous des armes blanches, la police est intervenue très vite sinon les dégâts allaient être énormes”, racontent des témoins.
La prochaine cible, des maisons.
Le président du camp, en même temps représentant du ministère de l’intérieur en charge des réfugiés annonce que les maisons des rapatriés vont subir le même sort que les champs dans les deux prochaines semaines.
Il promet en revanche que des maisons habitées seront épargnées. La représentation des réfugiés se dit impuissante.
« Inacceptable », jugent des réfugiés qui dénoncent le silence de la nouvelle équipe des représentants. « La représentante en chef (une Congolaise) devrait s’imposer pour défendre nos droits. Mais comme nous ne l’avons pas élue vu que nous lui avons préféré un Burundais, elle ne fait rien. Les chefs de zone essaient de parler pour nous mais ils ne sont pas soutenus par la représentante et leurs voix sont ignorées. C’est dommage, car à peine investie, c’était le moment opportun pour elle de nous montrer qu’elle va s’occuper de nos problèmes”, regrettent des réfugiés.
Le camp de Nyarugusu est considéré comme le mauvais élève du rapatriement. Des réfugiés ne veulent même pas entendre parler de son caractère « volontaire ». « Parler de rapatriement volontaire alors que nous y sommes contraints… C’est plutôt un rapatriement forcé qui devrait cesser”, insistent-ils.
Le camp de Nyarugusu compte plus de 52 mille Burundais.
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Photo : un champ de bananes détruit à Nyarugusu, le 9 juillet 2021
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