Dzaleka (Malawi) : à peine sortis de prison, deux Burundais meurent
La mort de deux jeunes burundais suscite la polémique au camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi. Leurs familles craignent qu’ils n’aient succombé à la torture leur infligée en prison. Elles exigent une enquête indépendante. (SOS Médias Burundi)
Le doute plane toujours sur cette affaire, devenue objet de discussion dans tous les groupes de Burundais au camp de Dzaleka.
Les jeunes burundais en question venaient de passer un peu plus de six mois à la prison de Maula située à la périphérie de la capitale du Malawi. “Ils étaient accusés de vol d’une moto et emprisonnés depuis février, loin de leurs familles”, racontent des proches.
Ces derniers craignent que les leurs aient subi une torture. Ils ont également été affamés, à voir leur état de santé quand ils ont été libérés en juillet dernier. “Ils avaient des cicatrices sur le corps surtout au dos comme s’ils avaient été battus. Et ils ne pouvaient plus bien manger. C’est sûr qu’ils ont subi quelque chose même s’ils n’ont pas voulu le révéler », estiment leurs proches et des voisins.
D’après leurs familles, le seul témoignage que les défunts ont pu faire est “qu’ils n’avaient droit qu’à un repas par jour : une portion de bouillie. Ils passaient quatorze heures par jour dans leur cellule, entassés avec des centaines d’hommes à même le sol de béton, avec l’impossibilité de bouger. L’eau des cachots est sale et les toilettes immondes”.
Sortis de prison, ils sont revenus dans les zones de Kaware et Zomba au camp de Dzaleka où vivent leurs familles et sont vite tombés malades. “C’était bizarre car ils sont tombés malades en même temps. Ils avaient les mêmes symptômes : brûlures à l’estomac, diarrhée et vomissement. Ils n’ont pas survécu et sont morts une semaine après à l’hôpital”, ajoutent des témoignages au camp de Dzaleka.
Dans ce camp, des voix s’élèvent pour exiger une enquête indépendante afin de faire la lumière sur cette mort survenue dans de circonstances obscures. La prison de Maula héberge plus de 3000 personnes alors que sa capacité d’accueil est de 800 détenus.
Le camp de réfugiés de Dzaleka est situé dans le district de Dowa, non loin de la capitale Lilongwe. Il compte plus de 50 mille réfugiés dont plus de 11 mille Burundais.
__________________
Photo : une pancarte montrant le camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi
You might also like
Tanzanie : quand les autorités transforment les leaders religieux en instruments de rapatriement forcé
SOS Médias Burundi Kigoma, 24 septembre 2025- De Nduta à Nyarugusu, pasteurs, responsables de mouvements religieux et cheikh ont été sommés de participer activement à la sensibilisation des réfugiés burundais
Kakuma (Kenya) : les réfugiés dénoncent la lenteur dans l’octroi des documents administratifs
Les réfugiés estiment que la lenteur dans l’octroi de certains documents s’accompagnent de lourdes conséquences aussi économique que psychosociale. Ils affirment qu’ils peuvent passer un mois ou plus sans trouver
Mahama (Rwanda) : les réfugiés congolais Tutsis de Mahama ont rejoint leurs pairs pour alerter le monde
Ce mercredi, c’était le tour des réfugiés congolais Tutsis du camp de Mahama situé dans le district de Kirehe, de joindre leur voix à celle d’autres Congolais exilés au Rwanda
