Burundi – Presse : le président Ndayishimiye vilipende le journaliste Esdras Ndikumana

Burundi – Presse : le président Ndayishimiye vilipende le journaliste Esdras Ndikumana

Alors qu’il s’exprimait ce mardi au Stade Intwari devant un parterre d’entrepreneurs de Bujumbura, le numéro un burundais s’en est pris vivement à notre confrère Esdras Ndikumana de RFI (Radio France Internationale) et de l’AFP (Agence France Presse). (SOS Médias Burundi)

Le journaliste avait déjà été victime de la diatribe présidentielle dans le même stade le 19 août dernier lors de la clôture d’une semaine dédiée à la diaspora (proche du pouvoir). Il avait été qualifié «d’oiseau de mauvaise augure» pour avoir «spéculé» sur les chiffres des cas de Covid-19 au Burundi.

Ce mardi, M. Ndikumana a été accusé «d’appauvrir le Burundi». «Quelqu’un qui passe ses jours et nuits à raconter que les hôpitaux sont remplis de cas de Coronavirus, que des gens y meurent en masse, n’est-ce pas un agent au service de la pauvreté», s’est interrogé le leader burundais qui s’exprimait sans note et en kirundi (langue nationale).

Et de poursuivre sous les applaudissements de l’assemblée présente : «Que c’est dommage de haïr son propre pays. Celui qui t’a élevé et à qui tu souhaites de sombrer dans l’abîme».

Selon le président Neva, Esdras Ndikumana est le seul journaliste à continuer de ternir l’image du Burundi. «Il nous restait deux journalistes occupés à détruire notre pays. Il n’en reste plus qu’un après que Kaburahe (patron du groupe de presse Iwacu NDLR) soit revenu à la raison», a-t-il ironisé.

Le président Neva s’est ensuite emporté : «Le Burundi subsistera à jamais et pour toujours. Il y a des gens, tout simplement parce qu’ils n’aiment pas quelqu’un qui s’appelle Neva, veulent voir aussi le Burundi disparaître».

Solidarité avec M. Ndikumana

Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas faites attendre. Des activistes des droits humains et des journalistes ont parlé d’un bouc émissaire tout trouvé. «En quoi des journalistes comme Esdras empêchent le président de bien gouverner», se sont-ils interrogés. Certains ont qualifié les interventions du président burundais de «honte».

L’ancien correspondant de Bujumbura vit en exil depuis 2015. Il avait été torturé le le 2 août 2015 par des agents du SNR (Service National de Renseignement) pour s’être rendu sur le lieu d’une attaque armée qui a coûté la vie au Général Adolphe Nshimirimana, ancien patron des renseignements burundais.

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Photo : Esdras Ndikumana de RFI (Radio France Internationale) et de l’AFP (Agence France Presse) / DR

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