Covid-19 : le président Neva ne digère pas les critiques sur sa gestion de la pandémie

Covid-19 : le président Neva ne digère pas les critiques sur sa gestion de la pandémie

Le président burundais Évariste Ndayishimiye s’est emporté ce vendredi contre Esdras Ndikumana, journaliste de RFI (Radio France Internationale) et de l’AFP (Agence France Presse).

Il lui reproche de gonfler les chiffres des patients du Covid-19 dans son pays et le traite d’oiseau de mauvaise augure. SOS Médias Burundi

Ndayishimiye et son épouse participaient vendredi soir dans une soirée de clôture de la semaine dédiée à la diaspora burundaise (proche du pouvoir). Il est revenu sur plusieurs sujets et a demandé à la diaspora de contribuer au développement du Burundi.

Même s’il était souriant, il s’en est pris au journaliste Esdras Ndikumana, correspondant de RFI et de l’AFP, qui a fui le Burundi en 2015 après être torturé par des agents du service national de renseignements (SNR) pour s’être rendu sur le lieu de l’attaque qui a coûté la vie à l’ancien chef des renseignements le Général Adolphe Nshimitumana, le 2 août 2015.

« Il y a un Burundais qui est affligé par le fait que le Covid-19 ne nous a pas encore mis à genoux. Vous l’écoutez sur les ondes des radios non ? Il est de RFI. Il est très affligé au point de se pendre parce-que tout simplement le Covid-19 n’a pas encore mis à genoux la population burundaise. Conseillez ce journaliste s’il vous plaît, conseillez-le. Dites-lui que d’autres journalistes se trouvant au Burundi sont en train maintenant de contribuer pour le développement et la réconciliation ! Dites-lui de ne pas créer la panique chez les Burundais car ils sont devenus comme des blindés, rien ne peut les secouer « , s’est emporté le chef de l’État sous des applaudissements et rires de son audience.Le président Ndayishimiye ne s’est pas dérobé d’extrapoler les propos de notre confrère.

« Imaginez quelqu’un, de surcroît un Burundais qui ose dire que tous les hôpitaux sont saturés et que personne n’a où se faire soigner suite au Covid-19(…). C’est honteux de sa part, je vous jure. Il est le seul journaliste burundais qui rêve voir le Burundi sombrer dans l’abîme, les Burundais se massacrer, les Burundais mourir. Il a très envie de voir le Covid-19 nous assiéger. Allez lui dire ceci: continue de leur souhaiter le malheur mais Dieu est vivant « , a continué le numéro Un burundais sur un ton moqueur.

L’extrait du discours a été diffusé notamment à la RTNB (Radio Télévision Nationale du Burundi), à la radio- télé Rema (proche du CNDD-FDD, le parti au pouvoir). Notre collègue n’était pas disponible pour réagir aux propos du président Évariste Ndayishimiye.

Mais sur les réseaux, les propos du président ont suscité beaucoup de réactions. Des internautes trouvent que le chef de l’État devrait s’excuser pour avoir traité un compatriote d’oiseau de mauvaise augure alors qu’il n’a fait que son métier en interrogeant différentes sources.

« Le président a montré qu’il n’est pas du tout tolérant. Cela montre que la confiance entre les autorités et les journalistes n’est pas encore restaurée. Et cela démontre que le droit d’expression n’est pas encore une réalité au Burundi. Le président devrait plutôt se baser sur des statistiques au lieu de s’emporter contre le journaliste. Nous avons encore un long chemin à faire pour atteindre la liberté de la presse au Burundi « , a commenté un journaliste local.

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Photo : le président Neva et son épouse Angeline Ndayubaha arrivent au stade Intwari pour participer à la soirée de clôture de la semaine dédiée à la diaspora, crédit photo INGOMAG

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