Gihanga : un opposant enlevé par le SNR meurt dans un hôpital, sa famille n’accède pas à son corps
Augustin Matata est décédé ce mercredi à l’hôpital Prince Régent Charles dans la ville de Bujumbura (capitale économique). Il avait été enlevé par des hommes en tenue de la police burundaise à bord d’un véhicule identifié comme appartenant au SNR (service national de renseignements) à Gihanga en province de Bubanza (ouest du Burundi). C’était le 16 novembre dernier. Jusqu’à ce jeudi avant midi, il a été refusé à la famille du défunt de voir son cadavre. L’endroit où il est à l’hôpital est gardé par des policiers. (SOS Médias Burundi)
Augustin Matata avait été enlevé le 16 novembre dernier non loin de son domicile dans la localité de Buringa en commune de Gihanga, selon nos informations.
Au moment des faits, des policiers l’avaient conduit dans un lieu tenu secret, mais des informations non vérifiées qui étaient parvenues à sa famille confirmaient qu’il était détenu dans un cachot des renseignements dans la ville commerciale Bujumbura.
En début de semaine, des informations faisant état d’hospitalisation de M. Matata ont commencé à circuler, selon ses proches. « Dans un premier temps, nous étions confus. On disait qu’il pourrait s’agir d’une autre personne qui a le même nom et prénom que lui. Nous sommes allés vérifier à l’hôpital où le patient était alité, mais des policiers postés devant le bloc nous ont catégoriquement refusés l’accès à la chambre[…] », racontent-ils.
Et d’ajouter, « Même la nourriture qu’on lui avait apporté, des policiers ont refusé qu’on la lui donne. C’est inhumain ce qui se passe. Depuis quand l’on refuse une visite familiale à un patient ! »
C’est ce mercredi que la famille a appris la mort de Matata. Des sources médicales affirment que l’opposant était dans un état critique quand il a été emmené à l’hôpital par les renseignements.
Des informations qui filtrent des renseignements indiquent qu’il avait été tellement torturé jusqu’à perdre connaissance.
Le SNR refuse le corps à la famille
Jusqu’à ce jeudi, il a été refusé à la famille de la victime d’accéder à son cadavre. « Des policiers, les uns en uniforme, d’autres en tenue civile étaient présents et nous ont refusé de voir le cadavre. Ça, c’est une double torture. Nous réclamons son corps pour l’inhumer dignement, […] », se sont confiés en pleurs à SOS Médias Burundi des membres de sa famille.
Un homme de cœur de son vivant
À Gihanga, on parle de Matata, comme un homme avec un coeur d’or. « Il aimait tout le monde sans distinction d’ethnie, de partis politiques ou d’autres considérations. Il participait et contribuait dans des fêtes, même celles des membres du CNDD-FDD. Ceux qui l’ont tué viennent de commettre une erreur monumentale […] », a réagi un élu local en deuil au domicile du défunt à Buringa.
La représentation du CNL à Bubanza regrette que l’homme ait trouvé la mort étant dans les mains des force de l’ordre.
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Photo : Augustin Matata /DR
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