Rumonge : deux enseignants soupçonnés de viol ont déserté le service
Depuis deux semaines, les deux enseignants soupçonnés de viol se sont volatilisés. Ils sont recherchés par les autorités administratives sans succès. Certains défenseurs des droits de l’homme regrettent que l’impunité dont jouissent certains présumés auteurs favorise l’augmentation des cas de viol dans la commune de Rumonge (province de Rumonge au sud-ouest du pays). (SOS Médias Burundi)
Deux enseignants du lycée communal Nyamibu, en commune et province de Rumonge au sud-ouest du Burundi ne viennent plus au service depuis bientôt deux semaines selon des sources proches des responsables de cette école. Les deux professeurs sont soupçonnés d’avoir respectivement engrossé une élève et commis un viol sur une autre.
La première indignité a été commise le 5 février 2022 mais l’affaire a été connue des autorités de l’école deux semaines après.
L’enseignant en question a pris fuite quelque jours après une convocation chez le directeur de l’école où il travaillait. Le second est soupçonné d’avoir commis un viol sur une élève du même établissement scolaire le 8 mai de cette année. Il a lui aussi pris le large craignant d’être arrêté. La jeune fille était son élève.
Les parents des élèves fréquentant le lycée communal Nyamibu interpellent la police à rechercher activement les deux enseignants pour qu’ils répondent de leur infraction devant la justice.
Des informations recueillies auprès de certaines organisations de défense des droits des enfants à Rumonge disent que depuis le mois de février, 5 cas de viol ont été recensés dans la seule commune de Rumonge. Certains présumés auteurs ont été interpellés mais trois Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) du quartier de Mugomere (chef-lieu de province) qui étaient poursuivis pour viol commis le 30 mars 2022 ont été libérés par le parquet. Des sources proches du parquet à Rumonge disent que ces Imbonerakure ont été libérés sur pression du gouverneur Consolateur Nitunga en personne.
« La victime étant abandonnée à son sort et le dossier étouffé », regrettent nos sources.
Certains magistrats du parquet corrompus par les auteurs négocient « le réglement à l’amiable avec les parents des victimes ».
Ce phénomène prend de l’ ampleur et sabotent les efforts des défenseurs des droits humains qui prônent justice en faveur des victimes, estiment des défenseurs locaux de droits humains.
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Photo d’illustration : un enseignant dans une école au Burundi
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