Bubanza : des Imbonerakure courrent toujours après avoir torturé une femme et sa fille

Bubanza : des Imbonerakure courrent toujours après avoir torturé une femme et sa fille

Des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD) de la colline de Zina en commune de Bubanza sont en liberté après avoir torturé une femme et sa fille. Les victimes réclament justice. (SOS Médias Burundi)

L’ affaire remonte la nuit du 4 avril dernier. Stéphanie Minani a été torturée par deux groupes d’ Imbonerakure de la colline de Zina sous la supervision du chef de cette colline, Nestor Barengayabo, selon des témoins.

Cette femme a été conduite au centre de santé de Zina dans un état très critique. Elle a été transférée à l’hôpital de Bubanza où elle a passé deux mois sous soins intensifs. « On m’a brisée les reins et je ne peux pas tenir debout », se désole-t-elle.

La cause de cette torture, sa fille Irakoze a été accusée d’avoir volé 330 mille francs burundais appartenant à Innocent Gihuhusi. Elle a avoué avoir donné l’argent volé à sa mère après avoir été tabassée pour avouer, explique cette fille, elle même aussi hospitalisée.

Les victimes ont porté plainte d’abord à l’administration communale puis à la représentation du parti CNDD-FDD mais des Imbonerakure ont refusé de comparaitre.

« Au parquet de Bubanza l’affaire semble avoir été négligée », se plaignent les victimes. Parmi ceux qui les ont malmenées figure un proche du secrétaire permanent de l’administrateur de la commune de Bubanza.
Ce dernier veut réconcilier les victimes avec leurs bourreaux.

« Ils m’ont ligotée les bras derrière, puis m’ont frappée au dos, m’ont jetée ventre contre le sol. Ils m’ont même griffée ma partie intime me reprochant d’avoir refusé de coucher avec eux depuis que je suis veuve », se lamente Minani.

Cette femme est sortie de l’hôpital il y a une semaine, pour aller faire sa convalescence à la maison. Elle ne peut pas s’incliner, manger toute seule ni marcher.

Sous pression du parquet de Bubanza, ses bourreaux ont dû payer une somme de plus de 260 mille comme frais de soins à l’hôpital de Bubanza, certains examens médicaux n’ayant pas été faits.

La victime, avec son état actuel, elle ne peut pas travailler. Elle espère que la justice fasse son travail.

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Photo : la province de Bubanza

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