Photo de la semaine : le non développement du pays, la faute aux opposants (président Neva)
Mardi dernier, le président burundais lançait le projet de bouchage des nids de poule. Il en a profité pour charger l’opposition qui, selon lui est à la base de la destruction des routes. M. Ndayishimiye a affirmé que les moyens destinés à financer le projet devraient être utilisés dans l’achat du carburant notamment. (SOS Médias Burundi)
Au total ce sont onze avenues qui vont être réparées dans la ville commerciale Bujumbura. Le bouchage de nids de poule concerne aussi la RN3 et la RN7, deux principales routes nationales joignant la capitale économique Bujumbura et celle politique Gitega.
Plus de deux milliards de francs burundais ont été mobilisés par le gouvernement burundais pour cette première étape du projet « Zéro nid de poule ».
À en croire le responsable de l’agence routière du Burundi Régis Mpawenayo, le projet va procurer de l’emploi à plusieurs chômeurs qui ont été formés pour remplir « cette tâche continue et noble ».
Dans un premier temps, ce sont 384 tonnes de bitumes qui vont être répandues.
Prenant la parole comme invité d’honneur qui a lancé le projet, le président Neva a déploré un comportement qui caractérise plusieurs Burundais dont les fonctionnaires : ne pas se préoccuper du bon état des infrastructures publiques.
« Le gouvernement n’est pas fait de ses quinze membres seulement. Nous devons arriver à prendre les infrastructures publiques comme nôtres et les préserver », a-t-il dit.
Selon le président Neva, c’est pour la même raison que « les opposants ont brûlé des pneus dans les routes et les ont détruites pensant qu’ils vont prendre le pays, oubliant que le pays appartient à nous tous ».
Et d’enfoncer le clou « […], voilà que nous sommes obligés de réparer ces routes détruites par les opposants. L’argent que nous utilisons servirait à construire les écoles, les hôpitaux, acheter les médicaments et imaginez-vous ces quantités de bitumes dont on vous a parlé, si à leur place on achetait du carburant, sans doute qu’il y aurait un léger mieux ».
Ce ne sont pas seulement les opposants qui ont été accusés par le chef de l’Etat comme étant la cause de la pauvreté que connaît le Burundi. Les colons et les crises répétitives que la petite nation de l’Afrique de l’est a connu ont également eu droit aux reproches.
Pour le président de l’ONG locale Parcem (Parole et Actions pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités), le président Évariste Ndayishimiye devrait se souvenir qu’il n’est pas seulement évalué par rapport aux deux dernières années qu’il vient de passer au pouvoir mais aussi par rapport aux 17 dernières années que « le CNDD-FDD vient de gouverner le Burundi, un parti à la tête duquel il était avant d’être élu chef de l’Etat ».
« D’où des mesures sérieuses s’imposent pour relever l’économie du pays et établir les piliers de la bonne gouvernance », estime Faustin Ndikumana.
En attendant de le faire, M. Neva se réjouit beaucoup de milliers de passagers qui se rendent au Burundi maintenant. Le résultat d’une confiance retrouvée, selon lui.
Il espère que son pays va en profiter pour renflouer les caisses de l’Etat et exhorte toute personne tenant le discours décourageant les étrangers à venir au Burundi de « cesser cette diabolisation ».
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Photo : le président Neva au milieu de techniciens de l’agence routière du Burundi lors du lancement du projet « Zéro nid de poule », le 12 juillet 2022 à Bujumbura
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