Cibitoke : cris de détresse des hommes torturés entendus au cachot provincial du SNR
Des informations recueillies sur place rapportent que deux hommes subissent des actes de torture dans un cachot du SNR (Service national de renseignements) à Cibitoke (nord-ouest du Burundi) . Cela depuis une semaine. Des policiers et des habitants révèlent qu’ils les entendent crier au secours. Le responsable provincial du SNR nie ces allégations. (SOS Médias Burundi)
D’après des sources concordantes , les deux hommes sont arrivés à ce cachot, il y a une semaine.
Selon un témoin, les deux détenus ont été amenés à bord du véhicule du responsable provincial des renseignements vendredi 23 décembre dernier, en provenance de la province de Bujumbura (ouest).
Ils seraient soupçonnés de « collaboration avec les rebelles burundais du groupe armé Red -Tabara », basé dans le Sud-Kivu ( Est de la RDC).
« Lors de leur arrestation, il a été dit qu’ils étaient sur le point de franchir la frontière pour rejoindre ce groupe armé », a indiqué une source policière.
« Des bastonades leur sont régulièrement infligées pour qu’ils avouent qu’ils travaillent avec ce groupe armé établi depuis plusieurs années en RD Congo et qu’ils combattent le pouvoir de Gitega », a révélé un policier.
Cet agent a ajouté que les deux hommes sont privés de visite et de nourriture.
Plusieurs échanges téléphoniques sont pour le moment menés entre les responsables des renseignements dans les provinces de Bubanza (voisine de Cibitoke) et Cibitoke pour décider du sort de ces deux hommes. Le représentant du SNR à Bubanza, Jovin Cishahayo étant connu pour » ses actes odieux » en provinces de Makamba-Rutana ( sud-est) ainsi que Gitega-Ruyigi ( centre-est) où il a presté dans le passé.
« Nous craignons pour leur vie . Leurs gémissements sont souvent entendus dans la nuit par tout passant aux alentours des bureaux du SNR à Cibitoke », a signalé un autre policier.
Pour lui, « ces détenus sont innocents et sont injustement détenus car ils n’ont commis aucun crime ».
Il lance un appel pressant aux défenseurs des droits de l’homme pour qu’ils exigent que ces hommes soient libérés car d’après ses dires, « si rien n’est fait dans l’immédiat, le risque de mourir dans les geôles du SNR à Cibitoke est élevé ».
Contacté à ce sujet, le responsable du Service de renseignements à Cibitoke, Ahmed Nabil Sindayigaya nie toutes ces allégations en indiquant qu’aucune personne n’est pour l’instant incarcérée dans le cachot de ses services.
Sur l’identité des personnes menottées et transportées vendredi dernier tard dans la nuit à bord de son véhicule de service, il a préféré tout simplement dire sans plus d’explications qu’il s’agit de voleurs qui avaient été arrêtés dans la commune de Buganda (Cibitoke).
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Photo d’illustration : bureau du SNR à Cibitoke en même cachot des renseignements dans la province
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