Tanzanie : les autorités sensibilisent les réfugiés au respect des lois qu’elles violent elles-mêmes constamment
Deux semaines consacrées à la sensibilisation sur la législation nationale et aux dispositions régissant les réfugiés, dans les camps de Nduta et Nyarugusu. Les réfugiés constatent qu’ils sont protégés par une bonne législation que pourtant le pays d’accueil peine à mettre en application. (SOS Médias Burundi)
La campagne de sensibilisation a été organisée par le tribunal de grande instance de la région de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie), l’administration des camps, la police et les services d’immigration.
Objectif, réduire le nombre de réfugiés qui se font emprisonner.
« Nous sommes passés dans les prisons des districts de Kibondo et Kisulu et nous avons trouvé qu’il y a plus de réfugiés, surtout burundais. Certains d’entre eux se défendent qu’ils ignorent la loi. Alors, nous voulons que vous soyez informés des infractions et les peines y réservées », ont expliqué les officiels tanzaniens.
Les réfugiés estiment que la législation est meilleure pour leur protection.
« En tout cas, ces lois et règles sont bien faites. Nous avons entendu même que nous avons un périmètre de six kilomètres aux alentours des camps pour circuler librement dans les villages environnants, ce qui est une bonne chose pour respirer et peut-être faire un petit commerce voire entretenir de bonnes relations avec la communauté d’accueil», soulignent des réfugiés du camp de Nduta.

Le problème, constatent-ils, est que la mise en application de ces lois ne suit pas.
« Imaginez que toute personne attrapée même dans ces villages qui touchent sur nos camps est punie, accusée de sortir sans autorisation. Et puis, c’est ce commerce strictement banni ici alors que les centres de négoce sont reconnus par les lois qui nous sont lues », se désolent des réfugiés.
Deux cas ont retenu l’attention au camp de Nduta.
« Une femme de la zone 15, village 6, numéro 70 dont plus de 100 kg de haricot ont été confisqués pour le simple soupçon qu’elle aurait un champ à l’extérieur du camp sans aucune preuve. Et puis, un homme de la zone 13, village 12 , numéro 30 qui a vu son bassin de beignets retiré par la police qui l’a aussi arrêté, soupçonné d’avoir acheté de la farine à l’extérieur du camp pour faire un commerce illégal. Alors, ils nous enseignent des lois qu’eux-mêmes ne mettent pas en application », regrettent
des réfugiés, en colère.
Ces occupants des camps de Nduta et Nyarugusu dénoncent une situation-deux poids deux mesures.
Des ONGs de défense des droits humains qui accompagnent l’administration dans cette campagne de sensibilisation exhortent les réfugiés à chaque fois les saisir quand ils estiment que leurs droits sont bafoués ou quand ils sont en conflit avec la loi.
Des pools d’avocats pour défendre les réfugiés seront également mis en place en partenariat avec les ONGs humanitaires dont DRC (Danish Refugee Council), ce qui rassure les réfugiés même s’ils ont déjà perdu espoir et indiquent qu’ils n’attendent pas grand-chose de la part de ces initiatives.
La Tanzanie abrite plus de 200.000 réfugiés dont plus de 145 mille Burundais.
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Photo d’illustration : Agrey Magwaza, représentant du gouvernement tanzanien dans une réunion avec les réfugiés à Nduta
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