Cibitoke : les assassinats pour cause de sorcellerie prennent une allure inquiétante
En moins trois mois, trois personnes ont été tuées en province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) , visiblement pour les mêmes mobiles, par des personnes non encore identifiées. Les familles des victimes demandent que les enquêtes soient menées pour débusquer et sévir contre les coupables. Le gouverneur assure que les auteurs sont recherchés et qu’ils seront punis conformément à la loi. (SOS Médias Burundi)
Japhet Ndayambaje, 67 ans, de la colline de Bumba, commune de Bukinanyana de la province de Cibitoke a été tué le dix décembre dernier, tout près de la frontière avec le Rwanda.
La victime a été surprise en plein sommeil par un groupe de gens armés de manchettes et de lances.
« Il a été décapité et son corps gisait dans une mare de sang », a témoigné un membre de sa famille.
Japhet Ndayambaje était soupçonné de se prêter à des actes maléfiques.
Deux autres personnes également accusées de sorcellerie ont été tuées, dont l’une dans une explosion de grenade, au tout début de ce mois de mars, respectivement sur les collines de Nyempundu et Butahana des communes de Mugina et Mabayi.
L’ identité des auteurs de tous ces crimes n’est pas encore connue.
Cette chasse à l’homme inquiète la population locale. Et des voisins ne cessent de s’accuser mutuellement de pratiques superstitieuses.
« Une mort subite vient d’emporter mon enfant. Mon voisin avec qui nous sommes en perpétuel conflit porte toute la responsabilité », a insinué ce père de 10 enfants rencontré au chef-lieu de la commune de Murwi.
Cette recrudescence de la criminalité liée à la sorcellerie inquiète les défenseurs des droits humains et les administratifs dans cette province du nord-ouest du pays.
Un activiste évoque également des actes de vandalisme à l’endroit des personnes soupçonnées de sorcellerie dans la commune de Rugombo où une maison et des biens chez un octogénaire ont été incendiés à la fin du mois de février.
« Dix personnes ont été immédiatement arrêtées et sont pour le moment incarcérées au cachot provincial de Cibitoke », a insisté ce défenseur des droits humains.
Du côté des administratifs, le gouverneur de Cibitoke ne nie pas pas ces informations.
Cette autorité indique que les auteurs de ces crimes seront sévèrement sanctionnés conformément au code pénal burundais. Il a appelé ses collaborateurs à multiplier des séances de sensibilisation pour apaiser la situation.
Carême Bizoza a appelle la population à aider la police judiciaire pour trouver les auteurs de ces assassinats.
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Photo : la province de Cibitoke
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