Lusenda-Mulongwe : la famine aux portes des camps de réfugiés burundais

Lusenda-Mulongwe : la famine aux portes des camps de réfugiés burundais

Les réfugiés des camps de Lusenda et Mulongwe situés sur le territoire de Fizi, en province du Sud-Kivu à l’est de la RDC disent faire face à un manque criant de nourriture. Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) qui leur distribue les vivres vient de passer trois mois sans en leur donner. Ils craignent la famine dans cette partie du Congo où les autorités sécuritaires leur demandent de ne pas sortir des camps de peur d’être agressés et tués par des hommes armés. (SOS Médias Burundi)

Normalement, le PAM donne aux réfugiés de l’argent, pour qu’ils puissent eux-mêmes acheter la ration dont ils ont besoin. Seulement, cela fait trois mois que les concernés n’ont pas été assistés.

« La plupart d’entre nous a vendu les articles ménagers pour survivre », confient des chefs de ménages.

Pour Rémy Habumuremyi, représentant des personnes vivant avec handicap à Lusenda, cette situation affecte beaucoup les membres de son association.

« Nous ne sommes pas capables de sortir du camp pour aller chercher du travail chez les Congolais », se désole-t-il.

Cette situation pousse des élèves à abandonner l’école, à l’instar du jeune
Rashidi.

« J’ai été obligé d’abandonner l’école pour aller chercher du travail chez les pêcheurs sur le lac Tanganyika car ma famille est pauvre. Sans assistance alimentaire, elle ne peut pas nous nourrir moi et mes frères et sœurs », témoigne le jeune homme, ému.

Certaines femmes comme Evelyne Kubwimana passe toute la journée au bord du lac Tanganyika. Elle prépare de la nourriture pour les pêcheurs.

« Cela m’aide à avoir un peu d’argent pour acheter de la farine pour préparer la pâte et les aliments d’accompagnement pour mes enfants », explique cette Burundaise.

À Lusenda, chaque réfugié reçoit 19500 francs congolais par mois comme frais de ration alimentaire. Les occupants jugent cette somme « insignifiante ».

« Les prix des denrées alimentaires ont sensiblement augmenté », disent-ils.

Même situation à Mulongwe

Marie Kubwimana est une réfugiée du camp de Mulongwe. Elle explique s’être fait enregistrer sur la liste des rapatriés suite au manque de ration alimentaire.

Françoise Nizigiyimana a aussi fait le même choix. Suite à cette situation, plusieurs réfugiés burundais vont mendier à l’extérieur de leur campement, surtout sur les bords du lac Tanganyika.

SOS Médias Burundi n’a pas pu avoir les représentants du PAM pour qu’ils puissent expliquer les raisons de cette condition. Mais la commison nationale en charge des réfugiés affirme en avoir été informée.

La RDC abrite plus de 40 mille réfugiés burundais. En février dernier, ces Burundais installés dans la région de l’est du vaste pays de l’Afrique centrale, en insécurité pendant trois décennies, ont été représentés quand le Pape François a reçu les victimes des atrocités commises dans l’Est du Congo.

__________________

Photo : des réfugiées burundaises s’apprêtent à préparer la nourriture au camp de Mulongwe dans l’est de la RDC

Previous Makamba : grogne des propriétaires de taxis-motos contre la police
Next Kabarore : une femme en possession de coltan à son domicile arrêtée

You might also like

Réfugiés

Rwanda – Camp de Mahama : une réfugiée congolaise arrêtée pour infanticide

SOS Médias Burundi Une jeune réfugiée congolaise a été interpellée mardi au camp de Mahama, dans l’est du Rwanda, après avoir été accusée d’avoir tué son bébé de sept mois

Réfugiés

Kakuma (Kenya) : une association d’entraide mutuelle entre réfugiés burundais

Des intellectuels, des religieux, des jeunes étudiants et des réfugiés éveillés ont créé une association d’entraide mutuelle entre réfugiés burundais nommée « Umoja Ni Nguvu (l’union fait la force) ». L’objectif étant

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : manque criant d’eau potable

Il se remarque une pénurie accrue d’eau potable au camp de Nduta en Tanzanie. Les réfugiés craignent les maladies des mains sales. (SOS Médias Burundi) Les zones les plus touchées