Nord-Kivu : la situation humanitaire n’a jamais été aussi alarmante
L’organisation MSF (Médecins Sans Frontières) tire la sonnette d’alarme. Elle indique que plus de 150 mille déplacés ont besoin d’une réponse humanitaire urgente sur le seul territoire de Lubero, au Nord-Kivu dans l’est du Congo. (SOS Médias Burundi)
Dans son communiqué du 14 mars, MSF affirme que les déplacés de Lubero n’ont jamais été assistés durant les six derniers mois.
« Aucune aide humanitaire n’a été octroyée aux déplaces de Lubero. Pas même des médicaments, ce qui fait accroître le nombre de cas de malnutrition chez les enfants et même chez les adultes », alerte l’organisation qui souligne que même la nourriture n’a pas été distribuée aux déplacés.
Les concernés ont fui les combats à Kibirizi. Ils sont regroupés à Kayna, Kirumba et Kanyabayonga sur le territoire de Lubero.
« Ils font face à des cas de malnutrition et sont hébergés au sein de la communauté qui, elle-même, subit les effets de la crise […] », explique Caroline Seguin, coordonnatrice des opérations d’urgence pour MSF au Nord-Kivu.
Elle demande qu’une coordination de l’aide à destination du Nord-Kivu soit faite.
« L’aide est seulement focalisée sur Goma, mais les habitants et les déplacés des zones reculées, notamment dans le territoire sud de Lubero et la zone de santé de Kibirizi sont livrés à eux-mêmes et ne sont aucunement assistés », souligne le communiqué.
L’accès à la zone rouge (occupée par des rebelles) était déjà très limité avec des vols humanitaires qui étaient suspendus depuis fin février, mais l’annonce par les Nations-Unies de la suspension des vols humanitaires après des tirs contre un de leurs hélicoptères est venue empirer les choses.
MSF appelle les acteurs humanitaires à vite se mobiliser avant que la situation ne s’aggrave davantage.
L’UE a annoncé, le 4 mars, la mise en place d’un pont aérien humanitaire civil vers Goma, avec le soutien de la France, pour venir en aide aux populations durement affectées par les combats opposant les FARDC aux rebelles du M23.
Le premier vol a été affrété à Goma le samedi 12 mars avec 35 tonnes d’aide aux déplacés.
Un autre avion est attendu cette semaine, selon l’ambassadeur de l’Union Européenne en RDC.
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Photo d’illustration : une vieille femme dans un camp de déplacés au Nord-Kivu, mars 2023
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