Rwanda : le président Kagame a gracié Paul Rusesabagina
La peine de prison de Paul Rusesabagina et Callixte Nsabimana alias Sankara a été commuée par grâce présidentielle. Ils purgeaient respectivement une peine de 25 ans et de 15 ans de prison. Dix-huit autres détenus condamnés pour terrorisme dont des Burundais ont également vu leur peine commuée selon la justice rwandaise. (SOS Médias Burundi)
Une décision prise, selon le conseil des ministres de ce vendredi, après avoir considéré les demandes de clémence formulées par les accusés.
Paul Rusesabagina et Callixte Nsabimana alias ‘Sankara’, avaient été reconnus coupables de terrorisme et de formation des groupes rebelles.
Le 20 septembre 2021, la Chambre spéciale pour les crimes internationaux et transfrontaliers de la Haute Cour a reconnu l’ancien président du groupe rebelle FLN qualifié de « mouvement terroriste » par les autorités rwandaises, Paul Rusesabagina, coupable de terrorisme et l’a condamné à 25 ans de prison.
Il avait été arrêté en août 2020 en provenance des États-Unis d’Amérique, ce qu’il a qualifié de déportation illégale et maligne, alors que son procès s’ouvrait en janvier 2021.
Rusesabagina et ses co-accusés dont Nsabimana, ancien porte-parole du groupe rebelle FLN ont été inculpés, notamment de formation d’un groupe armé irrégulier, d’appartenance à un groupe terroriste, de financement du terrorisme.
Les crimes qui leur sont reprochés ont été commis depuis 2018 lorsque des combattants du FLN ont planifié des attaques contre le Rwanda , qui ont coûté la vie à neuf habitants dans la province du Sud du Rwanda.
Elles ont fait aussi de nombreux blessés graves et causé d’importants dégâts matériels et économiques.
Outre Rusesabagina, Sankara a été condamné à 20 ans de prison.
Sankara avait ensuite été condamné à 15 ans de prison après avoir plaidé coupable et fait appel à la clémence.
Plusieurs membres de ce groupe rebelle ont été arrêtés en provenance de la réserve naturelle de Nyungwe, un prolongement de la forêt naturelle de la Kibira du côté du Burundi. Et parmi eux, il y a des ressortissants burundais.
Le communiqué du conseil des ministres tenu ce vendredi sous l’égide du président rwandais Paul Kagame souligne que pour ces dix-huit coaccusés de Rusesabagina et Sankara, des peines ont été aussi commuées.
Lundi dernier, le président rwandais Paul Kagame avait déclaré qu’il y avait eu des discussions sur la « résolution » du sort de Paul Rusesabagina, parlant d’une possible libération.
Il a fait cette révélation lors d’une interview télévisée en marge du récent Forum sur la sécurité mondiale à Doha, au Qatar.
« Nous ne sommes pas des gens qui veulent rester coincés au même endroit et ne faire aucun mouvement vers l’avant », a-t-il expliqué.
« Il y a une discussion sur tous les moyens possibles de résoudre ce problème sans compromettre les aspects les plus fondamentaux de cette affaire et je pense qu’il y aura toujours une voie à suivre », a-t-il ajouté.
Le président Kagame a également évoqué certains cas liés à l’histoire du Rwanda où le pays a pris des décisions que certains croyaient « impossibles ».
Il a cité un exemple de personnes reconnues coupables du génocide de 1994 contre les Tutsi qui ont été graciées et réintégrées dans la société rwandaise.
Rusesabagina n’est pas encore sorti de prison pour des formalités administratives, sa famille qui réclamait toujours sa libération n’a pas encore réagi.
Depuis l’arrestation de Rusesabagina en 2020, des pays comme les États-Unis d’Amérique et la Belgique, où il a obtenu la citoyenneté, ont continuellement plaidé pour sa libération.
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Photo : Paul Rusesabagina en tenue de prisonnier lors d’une audience publique à Kigali, photo DR
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