Burundi : la justice a prononcé de lourdes peines contre des anciens rebelles
Le tribunal de Muha dans la ville commerciale Bujumbura a condamné à des peines allant à la prison à vie des anciens rebelles dont certains avaient été remis aux renseignements militaires burundais fin juillet 2021 par le Rwanda. Les concernés sont d’anciens membres du groupe armé Red Tabara qui combat le pouvoir de Gitega. Le groupe est considéré par les autorités burundaises comme « un mouvement terroriste ». (SOS Médias Burundi)
Au total, 23 personnes, toutes de nationalité burundaise étaient dans le box des accusés. Le parquet avait requis la perpétuité à l’encontre de tout le groupe. Ses membres étaient poursuis pour « appartenance à un groupe terroriste, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et atteinte à la sécurité publique ainsi que collaboration avec un groupe terroriste ».
18 membres de ce groupe (tous des hommes) ont été condamnés à la prison à vie, a appris SOS Médias Burundi. Ils avaient comparu le 28 février cette année. Dans la copie de jugement y relative sortie le 30 mars dernier, il est noté qu’ils ont été reconnus coupables d’appartenance à un groupe terroriste, d’atteinte à la sécurité publique et à la sûreté intérieure de l’Etat.
Trois autres prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison ferme. Ils ont été accusés de « collaboration avec un groupe terroriste ».
Les juges du tribunal de Muha dans le sud de la capitale économique ont acquitté deux détenus, membres du groupe.
19 sur les 23 hommes avaient été remis aux renseignements militaires burundais par le Rwanda fin juillet 2021, avec leurs munitions. Ce sont des anciens rebelles du groupe armé Red Tabara basé dans le Sud-Kivu à l’est de la RDC. Le mouvement est dirigé par l’opposant en exil Alexis Sinduhije, selon les autorités burundaises qui qualifie Red Tabara comme « un mouvement terroriste ».
Peu après la remise des 19 anciens rebelles de Red Tabara par le Rwanda au Burundi, le parquet général de la République avait sorti des mandats d’arrêt internationaux contre Sinduhije et d’autres politiciens et figures de la société civile en exil et demandé aux pays qui les hébergent de les extrader afin qu’ils soient jugés par la justice burundaise.
Les accusations avaient suivi des attaques à la grenade dans les capitales économique et politique Bujumbura et Gitega ainsi que dans les provinces de Mwaro et Muramvya (centre). À l’époque, SOS Médias Burundi avait compté au moins 44 personnes tuées dans des attaques armées et à la grenade dans les capitales économique et politique du Burundi ainsi que dans les provinces de Muramvya et Mwaro dans une période de cinq mois ,entre avril et septembre. Plus de 80 suspects avaient été arrêtés.
Alexis Sinduhije et les autres personnes citées dans cette affaire ont toujours nié ces allégations les qualifiant d’accusations gratuites.
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Photo d’illustration : des militaires rwandais enlèvent des menottes à des rebelles de Red Tabara avant de les remettre aux renseignements militaires burundais, juillet 2021
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