Giharo : les commerçants fustigent la mesure du gouverneur leur interdisant de vendre les produits agricoles en dehors de leur commune

Giharo : les commerçants fustigent la mesure du gouverneur leur interdisant de vendre les produits agricoles en dehors de leur commune

Les commerçants de la commune de Giharo, en province de Rutana (sud-est du Burundi) fustigent le comportement du gouverneur de province Olivier Nibitanga. Ils l’accusent de s’immiscer dans les affaires des commerçants sur base de corruption. Ils donnent l’exemple d’une mesure interdisant les commerçants de Giharo de vendre les produits agricoles en dehors de leur commune. (SOS Médias Burundi)

Selon des commerçants, le droit de vendre des produits aux autres communes a été seulement retiré aux commerçants de Giharo alors que les commerçants en provenance des autres communes viennent s’approvisionner aisément à Giharo avec des camions.

« Si le commerçant de Giharo ose le faire, il est taxé d’une amende allant de 500 mille à 1 million de francs burundais », dénoncent en colère des commerçants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Ils disent avoir envoyé une délégation pour s’entretenir avec Olivier Nibitanga.

« Mais au lieu de les écouter, il a limogé notre représentant », regrettent-ils.

Ces commerçants regrettent que le gouverneur Nibitanga « nous maltraite lors des réunions ».

Ils donnent des exemples d’injures proférées par cette autorité provinciale à deux reprises. « Cela pour la simple raison d’avoir posé une question sur cette mesure qui nous discrimine ».

Le cas le plus récent est celui de vendredi 5 mai quand les commerçants de Giharo célébraient la journée internationale du travail et des travailleurs. Une cérémonie à laquelle avait participé M.Nibitanga.

« Comme il l’avait fait lors d’une réunion au mois d’avril, Olivier Nibitanga nous a insultés quand il a pris la parole », ont signalé des commerçants.

« Vous êtes des vauriens , des chiens. Vous m’accordez la parole au lieu de me laisser d’abord le temps d’étancher ma soif. Vous m’embêtez avec ces discours », a lâché Olivier Nibitanga, gouverneur de Rutana.

Et d’ajouter, « Vous n’avez aucune influence sur ma nomination à la tête de la province comme vous n’en aurez aussi sur mon limogeage même si vous essayez de donner des rapports aux autorités hiérarchiquement haut placées », s’est emporté le gouverneur de Rutana, selon des témoins.

Au mois d’avril, Olivier Nibitanga avait pris la décision de destituer Éric Ndikumana, représentant des commerçants en le remplaçant par Emmanuel Ntungwanayo alors que normalement ce sont les commerçants qui se choisissent leur propre représentant.

Les concernés demandent au ministre en charge des affaires intérieures de suivre de près cette situation disant que « même les autorisations sur le commerce des produits agricoles s’octroie sur base des pots de vin ».

Dans presque toutes les provinces, les commerçants n’ont pas le droit de vendre certains produits agricoles dont le maïs en dehors des entités administratives où ils opèrent sans l’autorisation préalable du gouverneur. Cette décision a été prise par les autorités burundaises dans le but de lutter contre l’augmentation des prix des denrées alimentaires de première nécessité, protéger la production et éviter des exportations vers les pays voisins-le Rwanda, la RDC et la Tanzanie où les commerçants vendent les produits burundais à des prix très intéressants.

Le gouverneur de Rutana n’était pas disponible pour réagir à ces allégations. Mais à plusieurs reprises, Olivier Nibitanga a dit que « je ne m’exprimerai jamais dans les médias ».

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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le chef-lieu de la commune de Giharo

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