Burundi : que le pays ne compte pas sur ses ressources naturelles pour se développer (experts)

Burundi : que le pays ne compte pas sur ses ressources naturelles pour se développer (experts)

Cela a été dit lors d’une conférence-débat organisée par la banque centrale du Burundi sur «le rôle des ressources naturelles dans le financement économique ». Deux chercheurs de renommée internationale ont désillusionné ceux qui clament que le Burundi est riche vu ses ressources naturelles. Il s’agit de Léonce Ndikumana, chercheur et professeur à l’université du Massachussetts et de Janvier Désiré Nkurunziza, chercheur à la Conférence des Nations -Unies sur le commerce et le développement. Ces derniers invitent les autorités burundaises à parler des choses concrètes au lieu « rêver ». (SOS Médias Burundi)

L’électricité et les infrastructures de transport telles que les routes, le chemin de fer sont incontournables pour penser au développement. « Aucun investisseur ne va venir s’il n’y a pas d’électricité et des routes », a souligné Léonce Ndikumana.

Le Burundi étant l’un des derniers pays au monde qui n’a pas d’électricité sûre selon Janvier Désiré Nkurunziza.

Lors de leur exposé, ils ont fait un clin d’œil à ceux qui endorment la population en disant que Dieu aime le Burundi, « comme s’Il n’aime pas les pays développés ».

Quant à ceux qui arguent que le Burundi s’auto-suffit, le professeur Léonce Ngendakumana les désillusionne : « Aucun pays au monde ne peut se développer en faisant cavalier seul. Même les grandes puissances le sont grâce aux autres. »

Le Burundi étant dans une région hautement touristique, il devrait se conformer à la stratégie de l’EAC (Communauté de l’Afrique de l’est), selon les deux experts.

« J’ai entendu que le Burundi aurait refusé le visa unique de l’EAC, pour des raison que je ne comprends pas », s’étonne M. Nkurunziza.

Le Burundi vivant des produits primaires comme l’or, le café et le thé, il faut penser à l’industrialisation en vue d’avoir des produits à exporter.

Janvier Désiré Nkurunziza exposant son étude

Selon l’économiste Nkurunziza, « il faut faire attention aux mines et aux hydrocarbures, car s’il y a un problème qui frappe le produit, le pays souffre énormément. Le Burundi ne doit pas compter sur ses ressources naturelles pour s’auto-développer.»

Mensonge…

Selon les deux chercheurs, la quantité de l’or que le Burundi déclare qu’il exporte au reste du monde diffère de ce que le reste du monde dit avoir importé au Burundi.

Avant d’ajouter qu’au fur des années, le coût des importations augmente alors que les prix des exportations chutent. « On appelle cela la détérioration des termes de l’échange », précisent-ils.

« Un autre problème c’est la volatilité des prix. Le prix vous est imposé, et ça chute tantôt. Quand on a une forte dépendance aux produits bruts, ce sera l’instabilité du taux de change.
Par exemple le prix du pétrole est fixé à l’international c’est pourquoi le Nigéria a des problèmes si le coût du pétrole chute. Il faut avoir une stratégie cohérente », conseillent-ils.

Les deux chercheurs burundais s’accordent à dire qu’il faut de la transparence si on veut « un Burundi développé », tout en appelant à bien planifier pour stabiliser l’économie. Ceci permettra de rouvrir les bureaux de change (fermés depuis 2020 ) , car ces derniers ont plus de 70% des devises dont les importateurs ont besoin, disent-ils.

Le président Ndayishimiye a récemment cité les noms de ces deux hommes parmi quatre Burundais dont Olivier Buyoya (fils de feu président Pierre Buyoya) qui le conseillent « plus que ses conseillers ne le font ».

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Photo : Prof Léonce Ndikumana lors de son exposé

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