Bujumbura : l’hôpital Prince Régent Charles au bord du gouffre
Le directeur de l’hôpital Prince Régent Charles tire la sonnette d’alarme. La structure sanitaire a besoin du quadruple de subsides qu’elle reçoit d’habitude. Le docteur Oscar Nimpaye prévient que si rien n’est fait, l’hôpital va fermer. Les patients grognent : presque tous les services tournent au ralenti. (SOS Médias Burundi)
Datant des années 1945, l’hôpital Prince Régent Charles, l’un des établissements sanitaires publics les plus sollicités au Burundi basé dans la ville commerciale Bujumbura, est au bord de la faillite. L’ insalubrité, l’insuffisance du personnel soignant, des lits d’hospitalisation et des médicaments…. ce grand hôpital tourne au ralenti.
L’ accès aux soins est la première difficulté à l’hôpital Prince Régent Charles.
Notre reporter rencontre Simon le matin du 19 août , un retraité de 62 ans, qui souffre des douleurs musculaires dues à l’hypertension et au diabète.
Ne voyant pas de personel médical pour le prendre en charge et n’ayant pas de frais servant de pot de vin pour payer en vue d’être pris en charge, il n’a tout simplement pas été admis en consultations.
« Sans connaissance ou pot de vin, on ne reçoit pas de soins ici », commente un autre patient, vivant avec le VIH Sida.
« À l’hôpital Prince Régent Charles, quand l’un de vos proches tombe malade, on vous dit qu’il n’y a pas de médicaments et qu’il vous faut donner de l’argent pour vous en procurer », explique Vital, un convalescent rencontré dans les services de chirurgie.
« Ceux qui le peuvent vont donc se faire soigner ailleurs, » ajoute-t-il.
« Quand les malades arrivent, nous sommes obligés de dire à leurs proches de repartir pour aller acheter les médicaments chez les privés. Parfois, avant qu’ils ne reviennent, le malade est mort », déplore S. N, infirmière depuis 25 ans à cette structure sanitaire qui ajoute que « les gens meurent sous nos yeux et nous ne pouvons rien faire ».
Le manque le plus criant est celui du financement de la vie quotidienne de l’hôpital. « Nous nous retrouvons donc endettés auprès de nos fournisseurs. Ceux à qui nous achetons (…) le carburant pour faire fonctionner les générateurs ne veulent plus nous approvisionner parce que nous leur devons beaucoup d’argent », précise le Dr Oscar Nimpaye, Directeur de cet hôpital.
« Si rien n’est fait, l’hôpital va fermer car on nous donne des subsides de 30 millions alors qu’on a besoin de plus de 120 millions de francs burundais »a t-il avoué.
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Photo : l’entrée principale de l’hôpital Prince Régent Charles à Bujumbura
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