Kirundo : des autorités impliquées dans le commerce clandestin de carburant

Kirundo : des autorités impliquées dans le commerce clandestin de carburant

Une fouille a été menée dans la matinée, vendredi dernier soit quatre jours après la distribution du carburant en province de Kirundo (nord du Burundi). Cette fouille a été opérée par une commission d’enquête faite des agents du service national de renseignements oeuvrant dans les provinces de Muyinga et Ngozi sous la supervision du commissaire provincial de police dans les province du nord-est, tout cela sous le commandement des hautes autorités du pays. Des centaines de litres de carburant ont été saisies chez des particuliers qui ont cité leurs chefs. Il s’agit notamment du gouverneur de la province de Kirundo et de son chef de cabinet. Sur les réseaux sociaux, le bureau du gouverneur de Kirundo dément ces informations qu’il qualifie de « rumeurs visant à ternir l’image de la province ». (SOS Médias Burundi)

Dans la demeure d’un certain Jean Paul , ils y ont trouvé plus de 60 litres de carburant. Il a indiqué que ce carburant appartient au gouverneur de la province de Kirundo, Albert Hatungimana.

Dans un ménage de Valence, 320 litres ont été saisis. Toute cette quantité d’essence appartient au conseiller en charge des questions économiques au service des renseignements de Kirundo prénommé Alphonse.

Dans le domicile de Hadj Ndorimana , 260 litres y étaient conservés. Il a avoué que le carburant appartient à Éric Nduwayezu, chef de cabinet du gouverneur de Kirundo.

Un autre lot de carburant a été retrouvé. On indique qu’il appartiendrait à une autre autorité de Kirundo qui serait le responsable de la police.

Le carburant saisi a été acheminé à la police. Les hommes chez lesquels il a été retrouvé sont détenus dans un cachot de la police locale.

« Ce qui est dommage c’est que les vrais auteurs du détournement ne sont pas encore inquiétés.C’est la énième fois que nous parlons d’un commerce frauduleux de carburant entretenu par des autorités à la tête desquelles vient en premier lieu le gouverneur mais nous n’avons jamais vu de resultats », s’indigne un habitant du chef-lieu de province.

« Nous exigeons le remplacement de ces autorités. Rien que ça », a tonné un chauffeur de taxi-moto.

Il y a quelques mois, notre rédaction a eu des précisions sur la vente illicite de carburant dont se rendent coupables les responsables administratif, policier et des renseignements en province de Kirundo. Les concernés ont toujours nié les allégations. Pour le gouverneur Hatungimana, il dit que le carburant sert à alimenter des générateurs utilisés dans le pompage de l’eau pour irriger des champs des coopératives locales, selon des sources locales qui citent les responsables de satations-service.

Même pour ce cas, le cabinet du gouverneur de Kirundo a parlé de « rumeurs ».

« […], nous vous informons que ces informations sont de nature à salir l’image des autorités de la province de Kirundo. Aucune fouille n’a eu lieu à Kirundo…. », peut-on lire dans un message qui a été partagé sur les réseaux sociaux.

Avec la pénurie du carburant qui persiste depuis plusieurs mois dans la petite nation de l’Afrique de l’est, dans beaucoup de provinces, les autorités administrative et policière sont souvent citées dans le commerce clandestin de ce produit devenu une denrée rare. Des représentants du parti présidentiel le CNDD-FDD sont également pointés du doigt dans l’alimentation du marché noir. C’est le cas du secrétaire provincial du CNDD-FDD à Bubanza (ouest du pays) qui a caché cent litres de carburant à la permanence provinciale du parti au pouvoir , saisis la semaine dernière.

Jusqu’à présent, un seul responsable administratif a été demis de ses fonctions suite à ces allégations. Il s’agit de l’ancien conseiller chargé des questions économiques dans la province de Rumonge (sud-ouest) . Il a été limogé publiquement par le président Neva. Les résultats d’une enquête urgente commanditée par le chef de l’Etat, une enquête qui visait notamment le gouverneur de province et l’administrateur communal de Rumonge n’ont jamais été rendus publics, deux mois plus tard.

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