Photo de la semaine : il y a dix huit ans le massacre de Gatumba

Photo de la semaine : il y a dix huit ans le massacre de Gatumba

Dix huit ans jour pour jour que plus 160 réfugiés Banyamulenge du camp de Gatumba (ouest du Burundi) ont été lâchement assassinés par un groupe d’hommes armés, les familles des victimes se sont réunies pour se souvenir. C’était le week-end du 13 août. Une attaque que Pasteur Habimana, ancien porte -parole de l’ancien mouvement rebelle Hutu FNL (Forces nationales de libération) de l’époque avait revendiqué. Dix huit ans après, les rescapés disent attendre toujours que justice soit faite. (SOS Médias Burundi)

Réunis pour la 18ème fois le samedi 13 août 2022 à Gatumba au mémorial des Banyamulenge massacrés dans la nuit du 13 au 14 août 2004 non loin de la frontière avec la RDC ,une cinquantaine des rescapés dont certains venaient de l’est de la RDC et des États-Unis ont exigé que justice soit faite pour leurs chers, massacrés sauvagement par des hommes armés assimilés à des rebelles FNL (Forces nationales de libération).

Un groupe rebelle Hutu à l’époque dirigé par Agathon Rwasa devenu plus tard leader du CNL (Congrès national pour la liberté), le parti principal de l’opposition au Burundi.

« Ma mère et deux de mes quate frères ont péri à Gatumba,sous mes yeux,18ans après c’est anormal qu’un certain Pasteur Habimana qui a revendiqué cette attaque au nom de la rébellion des FNL et son chef circule sans être inquiété, nous les voyons tous les jours dans les médias c’est une insulte pour la mémoire de nos chers disparus », regrette Magambo , un rescapé qui habite aujourd’hui aux États-Unis.

Même son de cloche pour le représentant de la communauté Banyamulenge vivant au Burundi.

« Nous commençons à perdre patience qu’un jour justice sera faite pour les nôtres,18ans c’est beaucoup, les massacres ont été revendiqués, ceux qui l’ont revendiqué sont là, ils devraient être poursuivis car le dossier judiciaire avait été ouvert, et la justice -réparateur est le seul remède qui pourra permettre à la communauté Banyamulenge de bien vivre dans la région » a fait savoir Lazare Sebitereko.

Interrogé à ce propos, Agathon Rwasa a fait savoir que la rébellion qu’il dirigeait n’a jamais perpétré cette attaque et que les propos de son ancien porte-parole Pasteur Habimana n’engagent que lui- même.

« Les propos de pasteur Habimana étaient une opinion personnelle, son hiérarchie n’était pas au courant, c’est à lui qu’il faut demander des comptes, la preuve en est qu’ on n’ a pas continué ensemble la lutte politique », a t-il conclu.

Selon l’organisation Human Rights Watch, les hommes du FNL (des Hutus essentiellement) ont abattu et brûlé vif les réfugiés et épargné certains autres (appartenant à d’autres ethnies) ainsi que les Burundais vivant dans une autre partie du camp.

Dix huit ans après, les rescapés réclament toujours justice. ‘’Nous déplorons plutôt que des organisations comme l’Union Européenne croisent les bras face à un crime pareil », s’est désolé un des rescapés ajoutant : « Seule la volonté manque pour que la vérité éclate au grand jour ».

« Ils ont tué les nôtres à cause de leur identité, rien que ça », ont entonné durant les chants certains membres de la communauté. Les mêmes ont réclamé qu’Aghaton Rwasa, l’actuel leader de l’opposition burundaise et Pasteur Habimana, anciens leaders des FNL soient entendus par la justice ainsi que les leaders du groupe rebelle des Mai-Mai.

Les gouvernements burundais et congolais n’étaient pas représentés à la cérémonie, tout comme le HCR.

« De même que l’attaque a été exploitée par divers groupes armés et par diverses personnalités en quête de pouvoir en RD Congo et au Burundi pour faire avancer leurs objectifs politiques, la justice dans cette affaire semble avoir été politisée », estime Human Rights Watch.

Notre photo : les membres des familles des victimes, des représentants d’associations de lutte contre le génocide et des amis des victimes sur le mémorial de Gatumba

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