Meheba (Zambie) : les chances de vivre en dehors des camps pour les réfugiés s’amenuisent
Le ministère zambien de l’Intérieur a revu à la baisse la durée de permission autorisant les réfugiés à rester en dehors des camps. Le « Gate Pass » ne dure plus qu’un mois. Les réfugiés dénoncent ce qu’ils qualifient de « restrictions inhumaines ». (SOS Médias Burundi)
Des restrictions aux réfugiés installés en Zambie qui veulent travailler ou vivre en dehors des camps se durcissent. Après des rafles et des ultimatums, le ministère zambien de l’Intérieur en charge des réfugiés passe à la vitesse supérieure.
« Aujourd’hui la durée de la permission de vivre en dehors du camp est d’un mois. Alors qu’avant, on pouvait rester dans les centres urbains jusqu’à trois mois avant de revenir renouveler le Gate Pass », précisent des réfugiés burundais du camp de Meheba qui dénoncent la mesure.
« Cette mesure vise à décourager des cas de banditisme et des rafles des sans-papiers dans les villes », comme l’a expliqué le ministère en charge des réfugiés.
Ces derniers sont loin d’être convaincus.
« Ils veulent nous garder dans une prison à ciel ouvert. C’est aussi une mesure inhumaine, sachant qu’aucune aide humanitaire ne nous est accordée. On doit vivre de l’agriculture et du commerce. Et plusieurs réfugiés tiennent de petits commerces dans les centres urbains, mais ils devront faire des va-et-vient chaque mois au camp. Donc, brûler tout le bénéfice qu’ils auraient eu », se plaignent les réfugiés.
Ces derniers doivent faire beaucoup d’économies pour s’offrir ce « luxe », indiquent-ils, « de faire des navettes mensuelles ».
« Le ticket est de 700 kwacha zambiens (36 USD) entre Lusaka (capitale) et Meheba. Peu de gens gagnent cette somme par mois. Faire ce trajet est un luxe impossible. Et ces autorités le savent ! C’est une façon de nous contraindre à rester dans les camps », fustigent des réfugiés burundais au camp de Meheba.
Ils demandent à l’autorité compétente de revoir la mesure.
«Pourquoi ne pas supprimer cette permission pour permettre une libre circulation des réfugiés? Ou alors accorder une dérogation spéciale pour circuler dans tout le district de Kalumbila, qui abrite le camp, sans permission préalable? », s’interrogent-ils
La Zambie compte plus de 65.000 réfugiés, dont 8.000 Burundais, les autres sont essentiellement des Congolais. Plus de 80% vivent dans les camps.
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Photo d’illustration : vue partielle du camp des réfugiés de Meheba
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