Nduta : la Tanzanie détruit plusieurs champs de cultures des réfugiés burundais
Des responsables administratif et policier ont donné l’ordre de détruire des champs de maïs, bananes et de manioc se trouvant à l’intérieur du camp de Nduta. La mission a été donnée aux jeunes gardiens de la paix. Les réfugiés burundais estiment qu’il s’agit d’une énième façon de vouloir les rapatrier de force. (SOS Médias Burundi)
Depuis mercredi, des jeunes gardiens de la paix ont visé dans un premier temps des champs qui ont été laissés par des Burundais qui sont rentrés. “C’est pour libérer la place car leurs propriétaires sont déjà rentrés au Burundi », a-t-on appris d’un administratif local.
Mais des réfugiés affirment que tous les champs sont concernés. Ils reprochent aux autorités tanzaniennes de vouloir les chasser dans les camps de réfugiés. “Rentrez pratiquer l’agriculture chez vous”, murmurent les jeunes gardiens de la paix à qui la police et l’administration ont confié cette tâche.
Les réfugiés burundais n’arrivent pas à comprendre ce qui se passe. “C’est une destruction méchante des champs de culture. Ceux qui détruisent nos cultures ne différent en rien de ceux qui nous ont fait fuir C’est un message clair que demain ils peuvent même couper nos têtes”, se désolent des Burundais.
“Moi j’avais refusé de croire à ça. Il a fallu que je me rende sur terrain pour faire le constat. Ce que je viens de voir dépasse mon entendement. Couper des haricots, des bananiers ou encore des maïs en plein jour, qui commence à peine à fleurir, c’est vraiment d’une extrême monstruosité ”, s’indigne un réfugié.
Indignation des défenseurs des droits des réfugiés
« Le gouvernement tanzanien a ordonné de couper les bananiers des réfugiés burundais. Voilà un pays qui a signé et ratifié la convention de Genève de1951 et son protocole de 1967 mais qui passe outre ces instruments qui tiennent lieu des lois”, a vigoureusement réagi Léopold Sharangabo, vice-président de la Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits de l’homme vivant dans les camps. “Il y a lieu de porter plainte devant les juridictions internationales car la matière est là avec toutes les preuves du monde”, ajoute cet activiste qui implore la clémence de la nouvelle présidente de la Tanzanie.
La coalition a écrit au haut commissaire du HCR, au conseil onusien des droits de l’homme, à Human Rights Watch, etc. La destruction des champs de culture des réfugiés burundais avait également eu lieu dans les camps de Nyarugusu et Mtendeli. Des réfugiés burundais demandent au HCR de ne pas “croiser les bras” et de ne pas “assister sans réagir » à la violation grave de leurs droits. La Tanzanie compte encore plus de 144.000 réfugiés burundais.
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Photo : des bananiers coupés au camp de Nduta
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