Dzaleka (Malawi) : cinq infirmiers suspendus pour vente de médicaments
Une visite improvisée a été faite mardi dernier au camp de Dzaleka par des officiels du HCR et du ministère malawite de la Santé dans le district de Dowa. Ils voulaient s’enquérir de la situation sur le manque criant de médicaments à l’hôpital du camp. Des employés de cette structure sanitaire ont été suspendus pour vente de médicaments. (SOS Médias Burundi)
La délégation était composée du chef de mission du HCR au Malawi, ceux qui sont chargés de la protection des réfugiés, ainsi que des administratifs de l’hôpital central de Dowa, le district sanitaire qui gère l’hôpital du camp de Dzaleka.
Ils ont visité le poste de santé du camp et ont recueilli les doléances des représentants des réfugiés, au cours d’une réunion d’échange sur la situation qui commençait à inquiéter déjà au camp.
« Ici le manque criant des médicaments vient de durer plus de six mois, les infirmiers nous recommandent d’aller nous procurer ces médicaments prescrits dans des pharmacies privées. Et puis, il n’y a plus de transfert ici. Ils nous disent que l’ambulance n’a pas de carburant et on nous demande d’acheter de l’essence. Tout cela alors que nous sommes démunis», ont-ils expliqué.
« Nous déplorons la mort d’au moins cinq réfugiés, dont une femme enceinte. Tout cela par négligence et mauvais accueil des infirmiers. Alors nous vous demandons de régler la situation car vous êtes responsables de ce chaos », ont vigoureusement soutenu de nouveaux représentants des réfugiés.
Le HCR et ces responsables sanitaires du district de Dowa ne sont pas passés par quatre chemins après que le personnel incriminé ait manqué d’explications convaincantes.
« Vous avez manqué à votre obligation et mission, alors, vous devez en subir les conséquences », a tranché cette délégation acclamée par les réfugiés de Dzaleka.
Des mesures disciplinaires ont été prises.
« Quatre infirmiers dont deux réfugiés ont été suspendus ainsi que le chauffeur de l’ambulance du camp. Les premiers accusés de vente de médicaments, le second de vente du carburant », expliquent des leaders des réfugiés.
Parmi les infirmiers suspendus, un détenait une pharmacie privée au camp, qui a été par la suite fermée.
La délégation a tranquillisé les occupants du camp que d’ici novembre la situation sera rétablie, le stock rempli de médicament et le service des urgences fonctionnel.
Les réfugiés saluent ces mesures et demandent au HCR d’en faire le suivi et demande l’installation d’un autre centre de santé supplémentaire, le camp s’agrandissant très vite.
Construit pour accueillir dix mille personnes, le camp de Dzaleka compte actuellement plus de 50 mille réfugiés issus de plusieurs pays africains, dont plus de 11 mille Burundais.
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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Dzaleka
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