RDC : plus de 8000 Burundais dont d’anciens rapatriés ont demandé l’asile en RDC en deux mois

RDC : plus de 8000 Burundais dont d’anciens rapatriés ont demandé l’asile en RDC en deux mois

À en croire des chiffres disposés par la Commission nationale pour les réfugiés à Uvira en province du Sud-Kivu (est de la RDC), huit mille deux cents Burundais ont été enregistrés en moins de deux mois. Parmi eux, d’anciens réfugiés qui avaient été rapatriés depuis 2021. Recueillis pour la plupart dans les camps de transit de Kavimvira ou Sange, ils expliquent fuir pour des raisons économiques, d’insécurité et de mauvais traitement qu’ils subissent de la part d’Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD). (SOS Médias Burundi)

D’après la commission, cinq mille Burundais sont déjà installés dans les camps de transit en attente de la procédure d’octroi du statut de réfugié.

« Seulement, c’est désolant parce qu’il y a parmi eux plusieurs anciens réfugiés qui avaient été rapatriés », apprend-on.

D’après nos sources, au-moins 2200 autres Burundais ne sont pas encore enregistrés. Ils passent la nuit sous des abris de fortune en bâches, d’autres passent la nuit à la belle étoile.

Mobiles

D’après des témoignages, les nouveaux arrivants en RDC fuient pour des raisons économiques et politiques.

« Quand je suis arrivé sur ma colline natale, je me suis rendu compte que tous mes biens ont été saisis et mes champs occupés de force. J’étais menacé de mort si j’osais réclamer quoi que ce soit. Je n’avais donc d’autre choix que de fuir », témoigne un père de famille de six enfants, originaire de la province Bubanza (ouest du Burundi). Il avait été rapatrié en 2021 avant de reprendre le chemin de l’exil.

Des demandeurs d’asile burundais devant des abris de fortune en bâches dans le Sud-Kivu

D’autres parlent de violence et de menaces qu’ils ont subies de la part d’Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD).

« Ils ont torturé mon mari sous mes yeux. Il a été battu tel un serpent où un animal à abattre. Traumatisés, nous avons décidé de fuir notre pays, mes enfants et moi », témoigne une femme originaire de la province Cibitoke (nord-ouest).

Des conditions de vie qui laissent à désirer en RDC

Accueillis dans les camps de transit de Sange et Kavimvira au Sud-Kivu (est de la RDC), ces Burundais sont loin d’apprécier leur situation dans le pays d’accueil.

« Malheureusement, même ici les conditions ne sont pas bonnes. On passe beaucoup de temps sans statut de réfugié, on n’est pas bien assisté. Pour survivre, nous sommes obligés d’aller chercher du travail à l’extérieur du camp. Certains vont jusqu’à prendre le risque de voler, même si c’est dangereux. C’est pourquoi on avait choisi d’être rapatriés », racontent-ils, désespérés.

La Commission nationale pour les réfugiés affirme recevoir au moins 120 Burundais par semaine.

Des Burundais dans une cour d’un centre de transit au Sud-Kivu

De son côté, le gouverneur de Cibitoke parle de spéculation de la part de rapatriés qui reprennent le chemin de l’exil. Il indique plutôt que « C’est un mensonge. Ils fuient pour avoir un paquet retour qu’ils attendent du HCR ».

Lors de sa dernière visite au Congo, Nestor Bimenyimana, chargé de du rapatriement des réfugiés au Burundi au ministère de l’Intérieur, a déclaré que « la question des Burundais rapatriés qui retournent au Congo fera l’objet d’une enquête pour en vérifier les raisons ».

Les derniers chiffres fournis par le HCR et la Commission nationale pour les réfugiés montrent qu’il y a plus de 43 000 réfugiés burundais en RDC.

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Photo : des familles de Burundais accueillis au Congo

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