Nduta (Tanzanie) : la non rétribution des infirmiers affecte les réfugiés

Nduta (Tanzanie) : la non rétribution des infirmiers affecte les réfugiés

Les conséquences du non paiement des infirmiers de la Croix Rouge – Tanzanie se répercutent sur les réfugiés burundais au camp de Nduta. Le personnel médical ne vaque plus convenablement à ses activités. Ils réclament trois mois d’arriérés. (SOS Médias Burundi)

Arrivé au poste de santé de la Croix -Rouge situé dans la zone 9 du camp de Nduta, l’on croirait que cette structure sanitaire a fermé ses portes, a affirmé un réfugié qui s’y est rendu ce mardi pour faire soigner son enfant.

“Pas de mouvement, un seul infirmier sur presque dix est au service et lui aussi ne travaille presque pas, le stock de médicaments est fermé, pas de travail en fait alors qu’une quarantaine de Burundais attendent d’être soignés, rien que dans l’avant- midi”, raconte un réfugié burundais.

Et pour cause d’après nos sources, le personnel médical vient de passer plus de trois mois sans percevoir de salaire.

“Le dernier salaire perçu est celui de décembre 2021, imaginez-vous qu’ils ont des familles à prendre en charge. Et donc, il semble qu’ils auraient même abandonné le travail. Ils veulent en fait manifester leur mécontentement”, explique un volontaire médical.

Pire encore, ajoute-t-il, “ils ont vidé les stocks de médicaments pour les vendre dans des pharmacies privées”.

Le seul hôpital de MSF (Médecins Sans Frontières) qui reste fonctionnel est débordé.

“Il contient en tout 112 lits, mais pour le moment, le nombre a triplé ou quadruplé, pire encore dans la partie pédiatrie on retrouve entre trois et quatre enfants qui dorment sur un seul lit” apprend-on.

Pour y remédier, des réfugiés qui tombent malades sont dans l’obligation de pratiquer l’automédication et acheter des médicaments dans des pharmacies privées ou encore recourir à la médecine traditionnelle, ce qui est très risquant pour leur vie, regrettent des Burundais.

Les patients qui attendent impatiemment d’être soignés demandent au HCR de régler cette situation qui paralyse la vie au camp de Nduta qui compte plus de 67.000 Burundais.

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Photo : vue du camp Nduta

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