Tanzanie-Ouganda et Zambie : plus 30 morts après accouchement dans les camps de réfugiés burundais
Trois cliniques des camps de Nyarugusu en Tanzanie, de Nakivale en Ouganda et de Meheba en Zambie comptent près de 30 morts post-natales depuis le début de cette année.Ces décès sont soient des femmes enceintes ou des enfants mort-nés. Les réfugiés dénoncent une négligence des infirmiers. (SOS Médias Burundi)
Tanzanie
Les centres de santé des zones 4 et 8 du camp de Nyarugusu en Tanzanie enregistrent cinq morts à la maternité au cours des deux dernières semaines.
« Il s’agit de trois mort-nés et deux femmes mortes pendant l’accouchement. Tout cela, à cause de la négligence des services de maternité qui ne font pas le suivi régulier de la femme et de l’enfant », dénoncent des réfugiés burundais.

Ces incidents sont fréquents depuis le début de l’année avec plus de dix morts dans ces structures sanitaires.
« C’est déplorable, cela montre que la santé mère-enfant ici n’est pas une priorité. Nous en appelons au HCR pour faire un suivi sur ces cliniques pour une bonne protection de nos vies », exigent des réfugiés.
Ouganda
Même cas à Nakivale, en Ouganda. Au camp de Nakivale, pour essayer de palier le problème d’incidents mortels qui emportent des femmes enceintes et des nouveaux nés, les cliniques préfèrent transférer des cas d’urgence à «Rwekubo Health Centre IV », un hôpital situé à une trentaine de km du camp.

Mais là aussi, les patients galèrent, selon plusieurs témoignages.
« On nous exige de tout payer, que ce soit des soins médicaux, des équipements jusqu’aux gants et seringues. Alors, nous qui sommes démunis, nous ne pouvons pas payer. Les unes sont contraintes d’accoucher dans les corridors faute de moyens pour payer les chambres », racontent des femmes burundaises sur place.
Le problème vient de durer plus de huit mois et a déjà fait plusieurs victimes.
« Au moins cinq morts dont deux nouveaux-nés, la plupart dans les trois derniers mois. C’est dommage. Et cela semble ne pas inquiéter le HCR », déplorent-elles.
Zambie
A Meheba (Zambie), les réfugiés ne sont pas moins malheureux.
Meheba Clinic D, est un centre de santé public géré par le HCR. Son personnel jugé suffisant en nombre ne reflète pas la qualité d’après des réfugiés burundais.
« La semaine dernière deux femmes, Diane et Evelyne, ont failli perdre la vie. Elles s’y étaient rendues pour l’accouchement. Les infirmiers de ce centre de santé leur ont réservé un mauvais accueil. Imaginez, elles ont été aidées à accoucher par d’autres femmes garde-malades quand les infirmiers les avaient refoulées », témoignent des réfugiés qui critiquent « un accouchement traditionnel sur le lit d’un centre de santé moderne».

Ces derniers accusent le personnel de Meheba Clinic D de sous-estimer les réfugiés, minimisant leurs cas, ce qui n’est pas sans conséquences.
« L’on compte entre sept et dix femmes enceintes mortes et plusieurs mort-nés depuis le début de cette année. Nous demandons au HCR et à l’administration du camp d’intervenir le plus tôt possible pour limiter les dégâts humains », insistent des occupants de Meheba.
Les occupants de ces camps s’accordent tous pour charger le HCR et les pays d’accueil pour ne pas prendre en considération la santé mère-enfant des réfugiées, un volet qui devrait au contraire, selon eux, interpeller les humanitaires.
Les camps de Nyarugusu (Tanzanie), Nakivale (Ouganda) et Meheba (Zambie) comptent respectivement plus de 50 000, plus de 31 000 et plus de 3 000 réfugiés burundais.
____________________
Photo : des réfugiés en attente d’être servis par Brave Heart au camp de réfugiés de Meheba en Zambie
You might also like
Rwanda/Ouganda : pénurie d’eau potable dans deux camps de réfugiés burundais
Les camps de Mahama au Rwanda et Nakivale en Ouganda accusent un manque inquiétant d’eau potable ces derniers temps. Les raisons sont diverses mais les conséquences sont inquiétantes pour les
Nyarugusu (Tanzanie) : trois centres de santé fermés
Ni le HCR ni l’administration du camp, personne n’a fourni d’explications aux réfugiés sur la fermeture des trois structures sanitaires. Les réfugiés parlent de contrainte pour un rapatriement forcé. (SOS
Tanzanie : les maladies liées à la malnutrition menacent les enfants de moins de cinq ans dans les camps de réfugiés burundais
Près de deux mille enfants souffrent des maladies liées à la malnutrition dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie. Cela limite leur développement mental et physique, selon les spécialistes.
