Nyarugusu (Tanzanie) : trois centres de santé fermés
Ni le HCR ni l’administration du camp, personne n’a fourni d’explications aux réfugiés sur la fermeture des trois structures sanitaires. Les réfugiés parlent de contrainte pour un rapatriement forcé. (SOS Médias Burundi)
C’est au début de cette semaine que les réfugiés ont appris qu’il y a des centres de santé qui sont fermés.
« Plusieurs réfugiés burundais s’étaient rendus se faire soigner surtout à l’hôpital de la zone 9. Ils ont attendu le personnel , en vain. Vers l’après-midi, un sentinelle est venue leur annoncer que la structure est déjà close. Ils se sont alors dirigés vers le poste de santé de la zone 11. Là, le portail était hermétiquement fermé », décrivent des réfugiés désemparés.
Contactés par des réfugiés, les leaders des réfugiés ont saisi le bureau du président du camp pour avoir des informations fiables.
«Trois centres de santé qui pouvaient aussi interner des malades sont fermés : deux de la zone 9 et un de la zone 11. Vous n’avez pas besoin d’avoir des explications. C’est une mesure qui vient du ministère de l’intérieur en charge des réfugiés », a brièvement répondu le président du camp, un Tanzanien.
La partie des Burundais au camp de Nyarugusu était équipée de cinq structures sanitaires, gérés par le HCR. Cette agence Onusienne n’a rien indiqué sur les raisons de cette fermeture des postes de santé, fortement décriée par les réfugiés burundais.
« Comment est-ce que deux hôpitaux des zones 8 et 10 vont pouvoir recevoir des patients qui débordaient déjà cinq structures sanitaires ? C’est une mesure injuste et inhumaine », se lamentent-ils.

Les services offerts par ces deux postes de santé qui restent fonctionnels sont essentiellement liés à la pédiatrie et la maternité.
Influence des autorités burundaises?
En août dernier, une délégation burundaise aux camps de Nyarugusu et Nduta l’avait prédit.
Calinie Mbarushimana, secrétaire permanente au ministère de l’intérieur et cheffe de cette délégation n’a pas mâché ses mots en soulignant que « votre asile touche presque à sa fin ».
« Vous avez entendu que la Tanzanie vous a signifiés qu’elle compte fermer des écoles et des hôpitaux dans les camps, alors quel sera votre sort et celui de vos enfants ? Les assistances vont aussi momentanément être suspendues. Voudriez-vous être rapatriés par force ? Je n’imagine pas que l’on va arriver à ce stade ! », leur a-t-elle interrogé, « faisant semblant de compatir », d’après des réfugiés.
De sa part, Nestor Bimenyimana, directeur général du rapatriement au Burundi , a séduit les réfugiés par le paquet retour.

«La somme qu’un rapatrié doit recevoir a été revue à la hausse allant jusqu’à 560.000 FBU (plus de 190 $ sur le taux officiel), plus les vivres en nature et la construction des maisons. Vous recevrez aussi un suivi régulier de plusieurs ONGs dans les domaines de la santé et de la scolarisation des enfants. Profitez de cette occasion pour prendre une bonne décision sinon vers le mois de novembre 2023, l’on pourra supprimer tous ces avantages », a-t-il tenté d’amadouer les réfugiés burundais.
Rapatriement forcé?
Pour le moment, les réfugiés considèrent cette mesure de fermeture d’hôpitaux comme dictée par le gouvernement du Burundi « pour nous contraindre au retour forcément forcé ».
Ils demandent aux agences humanitaires comme le HCR de ne pas entrer dans « le jeu du duo Burundi-Tanzanie » et de s’activer à remplir plutôt pleinement leur mission de protection des réfugiés.
Nyarugusu compte plus de 50 mille réfugiés burundais à coté de plus de 60 mille Congolais qui ne sont pas concernés par la répression des autorités tanzaniennes, une situation discriminatoire entretenue par le HCR, chargent les réfugiés burundais.
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Photo d’archives : des réfugiés burundais sur une place publique
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