Dzaleka (Malawi) : plus de cent ménages rapatriés
112 familles de réfugiés burundais sont rentrées au pays ce jeudi. Elles sont essentiellement constituées de femmes et d’enfants. La liste d’attente est longue et ceux qui sont rapatriés sont impatients de retrouver les leurs au Burundi. (SOS Médias Burundi)
La joie et l’allégresse se lisaient sur les visages des Burundais qui venaient de passer pour la plupart plus de six ans en exil et dans différents pays d’accueil.
Ils ont été rapatriés ce jeudi depuis le camp de Dzaleka au Malawi et devront passer par la Tanzanie pour enfin être accueillis au poste de Makamba au sud du Burundi comme le montre l’itinéraire. Un trajet de trois jours.
«Nous sommes heureux, chanceux car nous rentrons en paix et en tant que famille nous sommes complets …pour ce qui est de ma famille qui s’est d’ailleurs agrandie en exil. Je vais devoir recommencer ma vie et je crois que je m’éloignerai toujours de la politique ou tout ce qui peut me reconduire dans cette vie d’exil avec un avenir incertain », a indiqué Aimable, père de famille, les mains en l’air pour dire aurevoir à ses compatriotes avant de s’embarquer dans un bus garé dans un terrain du camp.
Comme lui, Chantal, Lidwine ou encore Jeanine, enfants aux dos et soulevant des bagages, sourient en passant au milieu d’une rangée faite par d’autres Burundais qui voulaient souhaiter bon voyage à ceux qui sont rapatriés.
« Nous regrettons le temps perdu ici, mais bon, c’est le passage obligé de la vie. On va se revoir les amis», ont-elles lancé.
Il s’agit de 112 familles au total qui sont rentrées. Le HCR, le gouvernement du Malawi et celui du Burundi oeuvrent ensemble pour ce rapatriement « purement volontaire », comme l’attestent des leaders locaux.
« Ici, nous sommes un peu déconnectés de ce qui se passe au pays. Nous n’avons en tout cas pas beaucoup d’informations de ce qui se passe sur terrain. Quand les autres parlent de violations des droits humains au pays, nous, on ne le sent pas ici. Raison pour laquelle beaucoup de gens veulent rentrer. La liste d’attente est longue », affirment-ils.
La plupart des réfugiés burundais qui sont au Malawi sont d’abord passés quelques temps en Tanzanie. Ils se disent fatigués par le chemin d’exil, ce qui explique aussi cet engouement, ajoutent des réfugiés.
Ils demandent que ces convois soient nombreux par mois pour que tous ceux qui le désirent soient rapatriés.
Le HCR affirme qu’il va continuer ce travail et rassure que ceux qui n’ont pas encore choisi de rentrer seront toujours assistés.
Le camp de Dzaleka compte actuellement plus de 50 mille réfugiés issus de plusieurs pays africains, dont plus de 11 mille Burundais.
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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Dzaleka
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