Affaire Bunyoni : la « déshumanisation » de l’actuel premier ministre s’est invitée au procès de Bunyoni

Affaire Bunyoni : la « déshumanisation » de l’actuel premier ministre s’est invitée au procès de Bunyoni

Le procès impliquant l’ancien premier ministre a repris ce mardi. Le ministère public est revenu sur l’accusation de l’outrage au chef de l’État. Il a évoqué des communications entre le général Alain Guillaume Bunyoni et le patron de la Radio Publique Africaine RPA, Bob Rugurika surnommant le président « Vuvuzela ». Il a rejeté ces allégations disant que c’était Rugurika qui a ainsi baptisé Évariste Ndayishimiye et que la responsabilité pénale est individuelle. L’accusation a également chargé Bunyoni d’avoir qualifié Gervais Ndirakobuca, son successeur comme « Impene (ou chèvre en Français) ». Selon elle, il s’agit là « d’une manière de le déshumaniser ». Mais le prévenu a expliqué que c’est un surnom qui remonte du temps du maquis. (SOS Médias Burundi)

Pour la journée de ce mardi, deux témoins sollicités par l’ancien premier ministre ont été entendus concernant l’accusation de détention illégale d’armes.

Il s’agit du brigadier de police Wilson Niyongabo et Adalbert Nkunzimana, tous les deux, chefs de sécurité qui se sont succédés au domicile de l’ancien premier ministre.

Le brigadier Wilson Niyongabo a fait savoir qu’il avait procédé à la remise de tous les équipages à Adalbert Nkunzimana.

Quant à ce dernier, il a clairement signifié que lors de la remise et reprise il y avait une caisse dont il ignorait le contenu et qui n’avait pas été enregistrée.

Le général Bunyoni a déploré le fait que sur le procès verbal de saisie, d’autres armes ont été ajoutées.

« Je ne comprends pas pourquoi le ministère public n’a pas mentionné le numéro de chaque arme », a-t-il regretté.

Ce mardi, Bunyoni s’est défendu sur un seul crime: outrage au chef de l’État auquel s’est ajoutée la déshumanisation de son successeur, Gervais Ndirakobuca. Selon le ministère public, dans les communications entre l’ancien premier ministre et le patron de la RPA, Bob Rugurika, le chef de l’État était nommé « Vuvuzela » (allusion à l’instrument de musique sud-africain qui a eu une renommée internationale lors de la coupe du monde de football de 2010).

De gauche à droite, l’actuel premier ministre Gervais Ndirakobuca et son prédécesseur Bunyoni quand ils étaient au maquis

Le général Bunyoni a rejeté cette allégation disant que c’était un terme que Bob Rugurika utilisait, non pas lui.

« La responsabilité pénale est individuelle », s’est-il justifié appelant la cour à demander à l’auteur de cette appellation lui-même de l’expliquer.

Mais le ministère public a estimé que Bunyoni savait bien de quoi il s’agissait.

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Lisant un message téléphonique, il a affirmé que le concerné a répondu en ces termes « Très bien, je vais tout faire ».

Toujours dans le chapitre de l’outrage, le ministère public a évoqué les communications entre le général Bunyoni et son épouse. L’actuel premier ministre Gervais Ndirakobuca avait un surnom: « Impene » (chèvre en Français), ce que l’accusation a qualifié de « déshumanisation ».

Le général Bunyoni s’est justifié indiquant que M.Ndirakobuca était surnommé ainsi au maquis sur le champ de bataille et que d’autres anciens compagnons d’armes au sein de l’ancienne rébellion Hutu, le CNDD-FDD devenue parti au pouvoir en 2005 grâce à l’accord de paix d’Arusha de 2000, le savent.

Fétiches

Le ministère public a ensuite chargé le général Bunyoni de recourir aux fétiches en vue d’ôter la vie au président Évariste Ndayishimiye. Ce point a été traité à huis clos.

L’audience va se poursuivre ce mercredi à la prison centrale de Gitega (capitale politique) où Alain Guillaume Bunyoni est détenu depuis juillet dernier.

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Photo d’archives : Alain Guillaume Bunyoni, ancien premier ministre burundais dont le procès se poursuit à la prison centrale de Gitega où il est détenu

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