Burundi : la caution exigée aux candidats à la présidentielle est fixée à 100 millions de francs
Le Conseil des ministres tenu mercredi dernier a porté quelques modifications dans le projet de loi organique portant révision du Code électoral. Parmi les innovations figure celle de revoir à la hausse la caution payée par les candidats au poste de président de la République qui a été réévaluée à 100 millions de francs burundais.(SOS Médias Burundi)
Dans un communiqué de presse, l’ex-porte-parole du gouvernement a expliqué que l’amendement de ce projet de loi vise à harmoniser le Code électoral sur base de certains changements entre autres la loi sur la nouvelle délimitation des provinces du pays et les difficultés évoquées par la Commission électorale nationale indépendante dans la mise en application de certaines dispositions de la loi en vigueur.
Ainsi, le Conseil des ministres a convenu de porter la caution pour la candidature au poste de président de la République à 100 millions de francs burundais alors qu’elle avait été fixée à 50 millions de francs lors des élections de 2020.
Quant aux candidats députés et sénateurs qui payaient à cette époque la somme de 500 mille francs, ils devront désormais verser une caution de deux millions de francs tel qu’annoncé par le secrétaire d’État et porte-parole du gouvernement.
Il en va de même pour les conseillers communaux qui , désormais vont payer une somme de deux cents mille francs, ce qui ne se faisait pas avant.
Prosper Ntahorwamiye a souligné qu’il s’agit d’une façon de limiter les candidatures fantaisistes.
Pourtant, une opinion estime que ces montants exigés pour les candidatures aux prochaines élections viennent décourager surtout les partis qui de nature n’ont pas assez de moyens pour se préparer aux élections prochaines et les fragiliser du même coup.
Pour Gabriel Banzawitonde, président du parti APDR, par exemple, la situation économique du pays ne peut pas permettre à un candidat à la présidentielle d’avoir facilement les cent millions exigés.
Il évoque un recul d’une démocratie difficilement acquise.
« Nous allons nous concerter avec les autres partis politiques pour demander au parlement de ne pas adopter cette loi. Le gouvernement doit comprendre qu’on donne la chance à ces partis de se mettre ensemble pour une coalition forte qui peut gagner les élections, » a-t-il précisé.
Banzawitonde regrette que le ministère de l’Intérieur n’ait pas tenu compte de la contribution des partis politiques lors des réunions tenues dans l’optique d’analyser ensemble ce projet de loi.
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Photo : des agents de la commission électorale nationale indépendante sur un centre de vote lors de la présidentielle de mai 2020
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